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Dossier sur : M.Night Shyamalan

Posted on 09 June 2010 by Ze Wookie

Pour la petite histoire, Shyamalan est né en Inde en 1970 mais il a grandi aux Etats Unis, plus précisément à Philadelphie. Grand fan de Spielberg, il s’est essayé très tôt aux cours métrages (vous trouverez certains d’entre eux dans les bonus de ses DVD) et a réalisé deux longs métrages avant de rencontrer le succès international avec 6ème sens, deux films totalement inconnus du grand public et que je n’ai pas visionnés: Praying with anger (1992) et Wide Awake (1998). Sachez également que ce réalisateur est le scénariste de  ”Stuart Little“, si si – sources : Allociné.

C’est étrange. Je connais pratiquement les 6 derniers films de Shyamalan par cœur et pourtant, aucun d’eux ne m’a vraiment plu dès la première vision, excepté 6ème sens qui est aujourd’hui celui que j’aime le moins.
La renommée populaire de ce réalisateur tient au fait qu’il nous assènerait juste à la fin du film une révélation coup de point changeant complètement la réalité de l’histoire. Soit. C’est phénoménal voire primordial dans 6ème sens, intéressant dans Incassable, inexistant dans Signes/La jeune fille de l’eau/Phénomènes et totalement bâclé dans Le Village. Donc non, là n’est pas la qualité essentielle de M. Night Shyamalan. Cela expliquerait en partie pourquoi beaucoup de personnes ont d’ailleurs été déçues par ses films.
Pourquoi ai-je du mal à apprécier l’œuvre de ce réalisateur au premier visionnage ? Tout simplement car il mélange plusieurs types de trames et cela me donne l’impression d’être submergée par les informations. En fait, je n’arrive tout simplement pas à faire le tour du sujet en une seule fois.
Il y a la trame générale, essentiellement fantastique ou surnaturelle qui donne le thème du film.
Mais au bout d’une deuxième vision, on se rend compte que cette trame générale n’est qu’un prétexte, un décor qui sert d’écrin à un propos plus intimiste et plus humain. En croyant aller voir un film pop-corn sans trop de substance, je ressorts de la séance de cinéma des questions plein la tête avec l’envie d’y retourner pour y trouver les réponses.

Ce qui me séduit également chez ce réalisateur est sa façon de tourner, de faire évoluer les acteurs. Techniquement parlant, il me rappelle Hitchcock (ah je sens que cette comparaison vous fait hérisser les poils du dos, je vous entends crier de là !!! Comparer ce réalisateur au Maître du suspens, quelle hérésie !!!). Par exemple, là où un réalisateur classique braquerait la caméra sur le personnage central en train de s’adresser à une foule, Shyamalan va le filmer de dos et nous montrer les visages de ceux qui l’écoutent. Il prend le contre pied de la réalisation classique et y apporte une touche d’originalité qui me permet de découvrir des petits détails qui m’avaient échappés vision après vision.
De plus, il a le don pour surprendre visuellement et amener l’action sans explosions à tout va et sans renfort d’effets spéciaux ahurissants. Ici, le réalisateur fait tout en douceur, sans dialogues superflus, ses personnages étant souvent complètement perdus et subissant sans trop pouvoir y faire grand chose les aléas des scenarii. Vous n’y verrez pas un Bruce Willis plein de verve et de testostérone tirant sur tout ce qui bouge en lâchant des blagues toutes les 5 minutes. Vous le verrez douter, être faible et faire de son mieux avec un minimum d’action et de mots. Shyamalan se contente en fait de mettre en scène Monsieur et Madame  ”Tout le Monde” dans un contexte surnaturel.

Et enfin, ce qui me permet également de savourer ces films à chaque vision, c’est le talent de James Newton Howard à illustrer ces histoires par le biais d’une musique poignante et/ou flippante. Celles que j’écoute très régulièrement sont celles d’Incassable (elle me prend aux tripes), celle de Signes (ma préférée est celle de la scène de fin avec la batte de base ball), celle du Village (des violons magistraux) et surtout celle de Phénomènes (angoissante et torturée, sublimissime).

Vous trouverez ci-dessous la liste des films sortis au cinéma en France de ce réalisateur très souvent mésestimé avec mon regard sur chacune de ces œuvres.

6ème sens – sorti au cinéma en janvier 2000
Acteurs : Bruce Willis – Haley Joel Osment – Toni Colette
Synopsis : Un psychiatre, traumatisé par une violente agression perpétrée par l’un de ses anciens patients se voit confié le cas d’un jeune garçon terrorisé par des hallucinations morbides.
Thème surnaturel : les fantômes.
A mon sens, en fait, il s’agit d’un film parlant du deuil, de la façon dont nous disons adieu aux êtres chers et dont nous pourrions vivre notre propre mort.
De plus, le grand challenge de ce film est la double lecture qui s’offre à nous lorsque l’on ignore ou pas la fin.

Incassable – sorti au cinéma en décembre 2000
Acteurs : Bruce Willis – Samuel L Jackson – Robin Wright Penn
Synopsis : Seul rescapé d’un tragique accident de train meurtrier, un homme à la vie personnelle à la dérive et au bord de la dépression essaye de comprendre pourquoi il n’a subi aucune blessure. Sa quête le mène à croiser la route d’un homme étrange qui détient peut être la clé pour donner un nouveau sens à sa vie.
Thème surnaturel : les super-héros.
Ce long métrage traite de notre quête intime à trouver la place que nous pourrions tenir dans la société, du sens que nous donnons à notre existence et de notre capacité à être heureux en fonction de ce que nous faisons de notre vie.

Signes – sortie cinéma en octobre 2002
Acteurs : Mel Gibson – Joaquin Phoenix
Synopsis : Dans plusieurs pays du monde, des signes étranges apparaissent dans les champs cultivés. Ces dessins sont ils l’œuvre d’une gigantesque arnaque ou bien la théorie des petits hommes verts est-elle réelle ? C’est ce qu’essaie de découvrir tant bien que mal et à son échelle Graham, lui aussi victime de ces fameux signes dans son champs de maïs aux Etats Unis.
Thème surnaturel : les petits bonshommes verts.
En ce qui concerne Signes, les avis sont très partagés. Beaucoup y ont vu une apologie du catholicisme. Je l’avoue, en grande athée devant l’Éternel, je ne l’ai pas trop ressentie. Effectivement, le héros traverse une crise mettant en doute sa foi religieuse… bon, il aurait pu être musulman, hindouiste, protestant… cela n’aurait rien changé à l’histoire. Je vois là plutôt un homme qui a perdu une part de son identité avec le décès de sa conjointe et qui a perdu la foi en l’avenir. Là encore, il s’agit d’un homme qui a perdu ses repères suite à un deuil. Je pense que le scénario est plus accès dans ce sens que vers un prêchiprêcha catholique. Enfin donc, cela n’engage que moi.
C’est un des films que j’ai le plus vus de ce réalisateur, la mise en scène et les petites pointes d’humour y étant particulièrement soignées.

Le Village – sortie cinéma en août 2004
Acteurs : Bryce Dallas Howard – Joackim Phoenix – William Heart – Sigourney Weaver – Adrian Brody
Synopsis : Les habitants d’un paisible village ont conclu une trêve avec ceux de la forêt : ils ne doivent pas pénétrer les bois et les créatures ne leur feront pas de mal.
Thème surnaturel : les monstres assoiffés de sang vivant cachés dans nos placards (ici dans les bois alentour).
Le Village est pour moi un film relatant une magnifique histoire d’amour entre un homme taciturne et une jeune aveugle téméraire qui fera tout, voire risquer sa vie, pour sauver l’homme de sa vie.
La « révélation finale » est maladroitement amenée par Shyamalan et ne revêt pas une grande importance (je l’avais d’ailleurs à moitié devinée au milieu du film).

La jeune fille de l’eau – sortie cinéma en août 2006
Acteurs : Bryce Dallas Howard – Paul Giamatti
Synopsis : un gardien d’immeuble découvre une jeune fille étrange qui avait élu domicile dans la piscine de la résidence. Cette dernière lui déclare être poursuivie par des monstres dont le seul but est de la tuer.
Thème surnaturel : les contes de fées, les contes pour enfants.
La jeune fille de l’eau est une fable mettant en valeur les bienfaits de la collectivité, prouvant que l’on est plus fort à plusieurs que tout seul. Ce film traite également du thème du deuil. Il semble aussi parler de destinée, comme si nous avions tous plus ou moins un rôle à jouer. Ce film me touche moins que les autres car le discours du réalisateur va à l’encontre de mon cynisme sur la raison de notre présence sur terre.

Phénomènes – sortie cinéma en juin 2008
Acteurs : Mark Wahlberg – Zooey Dechanel – John Leguizamo
Synopsis : Une vague de suicides inexpliqués et incontrôlables submerge en quelques minutes un quartier entier d’une grande cité américaine. Quelques heures après, une autre ville proche est touchée par cette attaque. Commence alors un exode massif et urgent des populations des grandes villes du nord ouest des USA.
Thème surnaturel : les catastrophes naturelles à grande échelle, la fin du monde.
A mon sens, ce film met plus en avant le couple et ses petits tracas que le côté « film catastrophe ». Il a également un propos écologique que je trouve amené un peu maladroitement. Il reste cependant celui que je vois le plus avec le Village, Incassable et Signes.
J’adore, mais j’adore littéralement le générique de début que ce soit tant au niveau du visuel, du ressenti (le ciel qui se couvre petit à petit de nuages amenant les ténèbres) qu’au niveau de la musique qui est super angoissante.

Le dernier Maître de l’Air (the last Airbender) – sortie cinéma le 21 juillet 2010
Acteurs : Noah Ringer, Jackson Rathbone, Nicola Peltz
Synopsis: un jeune garçon doit empêcher la nation du Feu de détruire les nations de l’Eau, de la Terre et de l’Air afin de rétablir l’équilibre entre ces pays et les 4 éléments.
Shyamalan s’attaque au film d’aventures saturé d’effets spéciaux en adaptant un dessin animé qui je l’avoue m’est totalement inconnu. Un genre qu’il n’a pas encore survolé, je croise donc les doigts pour que ce soit réussi mais surtout pour qu’il conserve cette petite touche d’originalité et d’humanité dans sa réalisation. Pourvu qu’il garde sa signature ! J’espère également que la musique sera toujours aussi intense.

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Le Château Ambulant – DVD

Posted on 17 April 2010 by Ze Wookie

Je dois l’avouer, cet opus du Maître japonais est mon chouchou. Primo, parce que, contrairement à d’habitude, les héros ne sont pas des enfants mais des adultes. Secundo, parce que le personnage de Sophie me touche particulièrement, ravivant des complexes et des émotions très personnelles. Enfin, les thèmes abordés sont diverses et très nombreux : le difficile passage à l’âge adulte, l’acceptation de soi, la superficialité de la beauté physique, la vieillesse, le face à face avec nos peurs d’enfant, la famille recomposée, le foyer, la guerre et ses ravages, la violence et la politique… et je suis sûre que je passe à côté d’autres choses.

Miyasaki nous livre ici son film le plus mâture, le plus abouti et le moins japonais. En effet, l’histoire n’est pas vue à travers les yeux innocents de jeunes enfants mais par ceux d’une vieille femme sous l’emprise d’un maléfice. De plus, l’action se situe à ce qu’il semblerait à la fin du XIXème siècle dans un pays qui se rapproche de l’Allemagne, voire de la Prusse. Étonnamment, je ne peux pas le voir en VO, la langue nippone ne se prêtant pas très bien à ce contexte complètement européen.

Cela n’empêche pas le Maître de nous livrer toute une galerie de personnages enchantés dont il a le secret tels « Navet » l’épouvantail, « Calcifer » le démon du feu qui est enchaîné au château ou le chien, espion pas très coopératif de la magicienne au service du roi. Son long métrage est donc tout de même emprunt de magie et d’innocence (notamment par le biais du jeune Marco) et le thème de la guerre déjà évoqué dans Nausicaa et dans Princesse Mononoké est également très développé ici.

Quant au dessin, ma foi, il est somptueux, bourré de détails et de couleurs éclatantes. Et les ciels, comme toujours, sont un vrai bonheur pour les mirettes. Et la musique, whaaaa, elle est enlevée et alterne marches militaires et airs mélancoliques. Elle est orchestrée, comme d’habitude, par main de maître par l’habituel Joe Hisaishi. Et mention spéciale au Château, grand héros de ce long métrage, qui réunit en son sein tous les personnages, leur offre un foyer et les protège des attaques extérieures, parcourant la lande tel un fantôme se cachant dans le brouillard.

Vous l’aurez donc compris, un moment intense de cinéma me concernant. J’ai pris grand plaisir à revoir (pour la 20ème fois ?) ce Château Ambulant afin de vous livrer mon sentiment à son sujet. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne séance DVD si vous ne l’avez pas déjà vu.

Le Château Ambulant
Sortie au cinéma : 12 janvier 2005
réalisé par Hayao Miyazaki
titre japonais: Hauru no ugoku shiro
Durée: 1h59

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Le voyage de Chihiro – DVD

Posted on 20 March 2010 by Ze Wookie

Chihiro est une petite fille japonaise comme les autres qui est déracinée de sa ville natale suite à la mutation professionnelle de son père. Pendant le voyage qui l’emmène elle et sa famille dans sa nouvelle demeure, ses parents font halte dans une gare abandonnée qui donne sur un parc d’attraction désaffecté. Alors que ces derniers sont transformés par magie en porcs sous ses yeux, la jeune Chihiro se retrouve livrée à elle même dans un monde magique et effrayant dans lequel elle est obligée de trouver sa place. Ainsi, elle va pouvoir chercher la solution lui permettant de délivrer ses parents de leur malédiction avant qu’ils ne soient transformés en jambon.

Sous le couvert d’un conte peuplé de fantômes, de magiciens et de sorcières, Miyazaki nous livre ici le parcours initiatique d’une enfant qui grandit et qui doit trouver sa voie, ses nouveaux repères dans une vie en pleine mutation. Il s’agit clairement d’une métaphore du passage de l’enfance à l’adolescence. D’un état de petite fille peureuse, pleurnicharde et un peu capricieuse, elle se voit obligée de mûrir et de prendre des responsabilités, de faire face aux réalités concrètes de la vie réelle. En cela, elle est épaulée par un jeune magicien qui semble jouer un double jeu.
Voilà pour le côté sérieux du concept.

Car je dois le dire, lorsque j’ai vu pour la première fois ce long métrage, j’ai été transportée par la magie et la beauté parfois un peu rude des aventures de cette petite fille larguée dans un monde inconnu. Miyazaki est le roi pour peindre des mondes oniriques dans lesquels des scènes de la vie quotidienne créées avec justesse, tendresse et humour côtoient des moments forts d’aventures. Il décrit également toute une galerie de personnages secondaires hauts en couleur qui ont chacun une personnalité fouillée et originale. Tout cela illustré avec des couleurs chatoyantes et vives et la musique symphonique, magique et mutine du grand Joe Hisaishi.

Lorsque je regarde ce film, je retrouve mon âme d’enfant et un peu de cette candeur qui disparaît peu à peu lorsque l’on grandit.
Voici le genre de cinéma qui nous fait retrouver des émotions pures et tendres sans toutefois tomber dans la guimauve et le gnan-gnan. Une vraie bouffée d’oxygène.

Du même réalisateur, mes films préférés sont « Le Château Ambulant », hymne à la famille recomposée, « mon voisin Totoro » qui parle de l’enfance et « Ponyo sur la falaise », sa dernière œuvre, superbe histoire d’amour entre deux enfants.

Le Voyage de Chihiro

Date de sortie cinéma: 10/04/2002
Réalisé par Hayao Miyazaki
Titre original : « Sen to Chihiro no Kamikakushi »
Durée 2h02 min


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La Leçon de Piano (1993) – DVD

Posted on 15 March 2010 by Ze Wookie

A l’époque de sa sortie en salle, j’étais une modeste étudiante sans le sou qui ne pouvait hélas pas aller au cinéma aussi souvent qu’elle le désirait. Mais je n’avais pas pu échapper aux éloges du public et des professionnels du monde cinématographique, ce film ayant raflé un tas de récompenses tant aux Oscars, qu’aux Césars, qu’à Cannes et qu’aux Golden Globes.

Jane Campion était une nouvelle venue dans le cinéma international et son film portait des senteurs de rébellion et de sensualité dont le genre des films historiques était alors dépourvu.

Mais mon entrée dans l’aura de ce film magique s’est fait par une autre porte. En effet, j’ai d’abord succombé au charme de la musique aux accents celtes et néo-zélandais du talentueux Mickaël Nyman (compositeur également de la magnifique musique de « Bienvenue à Gattaca ») et qui a bercé pendant des mois mes soirées studieuses d’avant diplôme.

Ça n’est qu’à l’occasion de sa diffusion sur Canal+ que j’ai cédé à mon envie de voir ce film. J’aimais tant sa musique et je me l’étais tellement appropriée que j’avais peur d’être déçue de la voir orchestrer un film inintéressant à mes yeux.

Et là, ça a été la révélation.

Voici comment débute l’histoire: Ada est une jeune femme issue de l’aristocratie écossaise, maman d’une petite fille et qui pour des raisons inconnues ne prononce plus un mot depuis l’âge de 6 ans, ses seuls centres d’intérêt étant sa fille (semble-t’il illégitime) et son piano, seul moyen pour elle d’illustrer ses émotions. Elle accepte de conclure un mariage avec un riche propriétaire terrien basé en Nouvelle Zélande qu’elle ne connaît que par courriers. Elle entreprend donc un éprouvant voyage en compagnie de sa fille et de son piano pour échouer sur une plage sauvage de sa nouvelle patrie. Son nouvel époux, n’ayant pas prévu de place pour un si encombrant instrument de musique le céde à l’un de ses voisins. Et c’est donc à l’insu de son mari qu’Ada négocie le rachat de son piano: elle donnera des leçons de musique particulières pour le récupérer. Mais les visées de son voisin ne sont pas d’apprendre le piano…

Jane Campion n’est pas une réalisatrice comme les autres. Elle raconte un personnage magique, indéchiffrable qui séduit chaque personne. Holly Hunter endosse le rôle d’Ada avec perfection (elle a d’ailleurs reçu tous les prix d’interprétation pour ce film) et nous fait vibrer par l’expression de son regard et son allure. On pourrait l’apparenter à une sorte de lutin des bois petit et fragile avec son air sérieux et scrutateur et sa manière de bouger si élégante et si aérienne. Lorsqu’elle regarde le monde, on a l’impression qu’elle y voit plus que la réalité.

Son seul lien avec les autres est sa fille qui connait la langue des signes et qui traduit chacun de ses propos. Mais le moyen d’expression favori d’Ada est la musique dans lequel nous sentons tous les mots qu’elle ne parvient pas à prononcer, toutes ces émotions à fleur de peau qui passent pas les touches de son piano.

Les paysages de Nouvelle Zélande, tantôt gris et brumeux, tantôt pluvieux et boueux apportent une dimension sauvage et rude au récit.

Ce qui n’aurait pu être qu’un film d’amour parvient au rang des chefs d’œuvres grâce au scénario et aux personnages fouillés créés par Jane Campion. Chaque rôle est animé de sentiments puissants et contradictoires et les dialogues épurés de la cinéaste poussent les acteurs à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Ne vous y trompez pas, ce film est plein d’émotions retenues et fortes comme la violence, l’amour, la sensualité, le désir, la jalousie et la passion. Un film dont on ne ressort pas indemne.

affiche la leçon de piano

Je vous le conseille vivement.

La Leçon de piano

Date de sortie cinéma le 19 mai 1993

Réalisé par Jane Campion

Avec Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill, Anna Paquin…

Titre original : The Piano

Durée 2h01 min

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Avatar que jamais!!!

Posted on 08 March 2010 by Ze Wookie

Un film dont on entend parler depuis longtemps, un nouveau challenge de Monsieur Cameron qui nous avait déjà bluffé à plusieurs reprises entre les monstres d’Aliens, le terrifiant Terminator, les eaux profondes d’Abyss et les icebergs de Titanic.

Un retour à la science fiction avec l’histoire de ce soldat en fauteuil roulant qui redécouvre le sens de la vie par le biais d’une symbiose avec le corps modifié génétiquement d’un habitant de la dangereuse et mystérieuse planète Pandora.

Sur le synopsis, Cameron n’a pas joué la carte de l’originalité en adaptant un scénario maintes fois utilisé à la sauce « Danse avec les loups » ou « Pocahontas » dans l’espace. Toutefois, le spectateur ne peut pas rester de marbre devant ce film d’aventures aux accents écologiques et politiques qui  nous renvoie à l’actualité brûlante de ces dernières années. Seuls les grands blasés n’éprouveront aucune émotion devant la dévotion de la tribu des Omaticayas envers leur environnement et leur planète et seuls les cœurs froids ne seront pas sensibles envers le lien qui unit le soldat américain et la guerrière indomptable de Pandora.

Une fresque qui fait donc appel aux émotions et qui nous transporte avec bonheur dans une bataille entre les indiens et les cowboys, entre l’industrie et la nature, entre modernité et traditions…

Les personnages principaux sont interprétés sans fausse note par Sam Worthington qui a fait des débuts hollywoodiens sur les chapeaux de roue avec le dernier Terminator et le Choc des Titans (à sortir au printemps) et la prometteuse Zoé Saldana qui a illuminé de sa grâce le Star Trek de JJ Abrams.

Le couple est entouré de très bons acteurs dont l’énergique Sigourney Weaver (dois-je encore vous la présenter ?) dans le rôle du professeur totalement dédié à l’étude de cette planète étonnante ou de Stephen Lang dans le rôle du terrifiant militaire mercenaire uniquement préoccupé par l’aboutissement de sa mission de conquête, quelles que soient les conséquences de ses actes.

Quant aux effets spéciaux, ils sont bluffant. Vous n’êtes plus dans une salle de cinéma, vous êtes transportés sur Pandora et parcourez avec les Na’vi les étonnants paysages qu’offre cette magnifique planète. Vous ne faites plus la différence entre la réalité et la fiction. La scène la plus parlante étant celle où l’héroïne bleue (en images de synthèse) prend dans ses bras l’humain (filmé en réel). Impossible de voir la différence entre les deux, un vrai prodige.

Donc pari réussi pour ce pionnier du cinéma qu’est James Cameron. Il a su révolutionner le monde très performant des effets spéciaux et  a encore pulvérisé le record d’entrée en salles qu’il détenait depuis Titanic !

Cependant, au risque de faire crier tous les aficionados du progrès technique , le film se suffit très bien à lui même en version normale, la 3D assombrissant les couleurs éclatantes de ce long métrage (je dis ça pour l’avoir vu 4 fois dont une fois en 3D).

Ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne séance !

Note d’Aurélien:
Et en prime, une petite vidéo du making of, vous comprendrez mieux les récompenses que ce film a reçu bien qu’en dessous de ce qu’il mérite (Meilleurs décors, Meilleure photographie, et surtout les meilleurs effets visuels)!!!

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Sherlock made in Ritchie

Posted on 11 February 2010 by Ze Wookie

Sherlock Holmes. Jusqu’à aujourd’hui, deux visions me venaient à l’esprit: un grand maigre étourdi avec une faculté de déduction prodigieuse et un petit gros sympathique qui arrondit les angles après le passage de son ami.

Je n’ai jamais lu les romans de Sir Conan Doyle mais les vieux films en noir et blanc, la série britannique avec l’excellent Jeremy Brett et le coloré dessin animé de Miyazaki ont contribué au fait que ce talentueux détective faisait partie de mon patrimoine culturel.

Aussi, lorsque j’ai ouï dire que le chien fou et charismatique Robert Downey Junior allait camper sur les grands écrans un des personnages les plus intelligents de la littérature anglaise sous la réalisation d’un Guy Ritchie, ma curiosité a été sacrément piquée. Quand j’ai ensuite appris que Jude Law allait endosser le rôle du brave et gentil Docteur Watson, j’ai été très dubitative.

Ce film était donc une de mes grandes attentes mais également une de mes grandes peurs de l’année 2010.

Je me suis préparée psychologiquement à être déçue, une grande affiche ne servant pas toujours la qualité d’un long métrage. Les extraits et les critiques de cinéma vues avant la projection me laissaient également un peu sceptique sur la réussite d’un tel projet.

Au bout de 5 minutes de film, j’ai oublié mes appréhensions et j’ai été conquise, c’est le mot, par le couple Robert Holmes/Jude Watson qui a littéralement crevé l’écran.

Complètement coupé du monde, tout à ses interrogations scientifiques et à la mise en place de ses expérimentations, Holmes/Downey Junior est un homme excentrique, désagréable avec autrui et totalement coupé de la réalité. Quant à Watson/Law, il est solide, intelligent, posé, humain, et consciencieux. Et pour la première fois à l’écran, le personnage de Watson a une importance capitale dans le déroulement de l’enquête, il n’est pas que le faire-valoir rondelet du célèbre détective. Il est le lien qui relie le célèbre détective au monde réel, celui qui le fait avancer et également celui qui l’empêche de sombrer. Et Holmes, dans sa grande sagacité, le sait et fait tout pour le retenir dans son monde.

Donc un duo d’acteurs réussi qui fait des étincelles et porte entièrement le film sur ses épaules et me fait pour la première fois apprécier un acteur qui se nomme Jude Law.

Guy Ritchie signe là un divertissement pour toute la famille dans lequel enquête policière, histoires d’amour, scènes de bagarres loufoques et originales, pratique de la magie noire, science et humour british se mélangent allègrement pour notre plus grand plaisir.

Des décors magnifiques, des effets spéciaux à couper le souffle permettent de recréer une ville de Londres plus vraie que nature à l’aube du XXème siècle.

Et voilà encore une franchise sortie de la naphtaline et remise au goût du jour avec réussite avec des héros rajeunis, modernisés et une histoire ma foi palpitante.

Les personnages secondaires sont réussis, notamment les rôles féminins, modernes à souhait également dans leur insolence, leur prise de décisions et dans le mouvement de leurs jupes, lol (je suis une femme, il faut le reconnaître, ça a son importance).

Le grand méchant est lui aussi charismatique avec un jeu sobre et élégant.

Au final, un très bon moment de cinéma. Allez y !!! et bonne séance.


Sherlock Holmes

En salle depuis le 3 février 2010

Avec Robert Downey Junior (Sherlock Holmes), Jude Law (Docteur Watson),
Rachel McAdams (Irene Adler), Marc Strong (Lord Blackwood), Kelly Reilly (Mary)…

Réalisé par Guy Ritchie

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