Shutter Island : Le thriller du moment!

Publié le 20 March 2010 par : Aurelien (pour plus d'informations cliquez sur le nom).

Classé dans | Featured, Policier-Thriller | 708 lectures

Tiré d’un roman de Dennis Lehane (a qui l’on doit Gone Baby Gone (où vous pouvez déjà voir Mark Ruffalo) et Mystic River adaptés également au cinéma), ce film nous plonge au coeur d’un thriller psychologique, dans les années 50. Mais je préfère reprendre les mots de Leonardo Di Caprio pour vous présenter le synopsis du film : Teddy Daniels (joué par Leo) débarque sur Shutter Island pour résoudre un mystère et découvrir ce qui se passe réellement, mais il a ses propres secrets et un objectif personnel. Son voyage a un sens autre que ce que l’on croit au départ. Ce qui est formidable avec cette histoire, c’est qu’elle vous happe et vous secoue constamment. Elle fonctionne à plusieurs niveaux.”

Dès le début du film, la musique nous immerge dans une atmosphère pesante, presque étouffante, la musique donne déjà le ton! Et cette sensation perdure tout au long des 137 minutes du film.

Scorsese n’a plus rien à prouver (après des films comme Taxi Driver, New-York New-York, Raging Bull, La couleur de l’argent, Casino, Gang of New-York, les Infiltrés… c’est le moins que l’on puisse dire!!), mais ne se repose pas pour autant sur ses lauriers! Pour s’inspirer au mieux de l’époque et de l’atmosphère qu’il a voulu faire transparaitre dans son film, il a fait visionner à son équipe des films comme : Shock Corridor, Laura, la Griffe du Passé ou encore La maison dans l’ombre.

Il n’y a pas réellement de surprise dans ce thriller (bien qu’un coté fantastique soit tout de même présent), mais on sent qu’il maitrise son sujet. En effet, c’est un peu comme si on se retrouvait dans un labyrinthe de portes fermées à clés, et qu’avec parcimonie on découvre des clés, sans savoir quelles portes elles ouvrent ni dans quel ordre il faut les ouvrir. On comprend certaines choses, petit à petit sans pour autant réussir à avoir une vision globale de ce qui se trame dans cet institut psychiatrique. Le film a d’ailleurs été tourné dans un véritable (et désaffecté) hopital psychiatrique.

On peut également souligner le sens du détail qui m’a fait pensé à Lost (la série de J.J. Abrams). L’action se passe sur quatre jours, et pourtant il a fallu 44 versions de tenue pour Leonardo (vivant ces quatre journées de manière “intense”, il lui arrive plein de choses et donc une multitude de “versions” de sa tenue ont été nécessaire)!!! Petite apparté, le rapport avec Lost, est simple, l’évolution des blessures et de la pilosité des personnages a été prise en compte. Parenthèse mise à part, revenons en au film!

J’ai trouvé que Leonardo gagne en profondeur et maturité, c’était déjà le cas dans les Infiltrés, mais c’est plus flagrant dans Shutter Island je trouve. Bien que bâti pour les films d’actions (ce qu’on peut d’ailleurs constater dans certaines scènes), il n’en est pas moins surprenant dans son jeu d’acteur et sa manière d’interpréter Teddy Daniels. Mark Ruffalo (Blindness, Zodiac, In the Cut…) est également bluffant (mais un peu moins que Léo). Pour un acteur que j’ai découvert dans Eternal Sunshine and the Spotless Mind, j’avoue qu’avec le temps, il n’en devient pas moins bon.

Ce qu’on remarque également tout au long du film, c’est la complicité entre Scorsese et Di Caprio, ce qui est loin d’être étonnant lorsque l’on sait que Shutter Island marque leur quatrième collaboration (après Aviator et les génialissimes Gangs of New-York et les Infiltrés).

Pour finir, mentions spéciales à deux autres acteurs : Ben Kingsley en parfait psychiatre, et Michelle Williams dans un rôle un peu borderline mais qui lui va comme un gant.

Cet article ne vous en dit peut-être pas beaucoup sur l’histoire en elle même, mais c’est voulu,  il est en effet peut évident de parler d’un thriller sans faire de spoilers.

Pour illustrer mes propos de début d’article, voici une des musiques extraite de la B.O. du film.


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  • ZeWookie

    Depuis Blood Diamond, Di Caprio a pris une carrure “d’homme” qui fait de lui un acteur riche de multiples talents. Il est comme le bon vin, il s’affine avec l’âge. Un vrai plaisir que de le voir évoluer ainsi.
    Lorsque j’ai vu ce film, j’ai vraiment pris une leçon de cinéma, tant au niveau de la maitrîse de la réalisation que des costumes que de la musique que de la lumière que des décors que de l’interprétation…
    Et pourtant, je regrette qu’il ne m’ait pas plus touchée, il manque de ce petit quelque chose qui aurait pu me boulverser. Je me sentais spectatrice, à aucun moment je ne me suis sentie proche des personnages ou en phase avec eux. Dommage.
    Cependant, il reste un film à voir ^^.

  • Kichette

    Je trouve que L. Di Caprio avait une stature avant Blood Diamond, mais c’est une question de point de vue.
    Pour le film en lui-même, je dirais qu’il est déroutant, même si ce n’est pas le premier thriller à nous emmener dans cette direction.
    Les décors sont très réalistes, et pour cause, mais quelques scènes, par contre, auraient mérité un peu plus de travail pour les rendre plausibles.
    J’ai adoré les apparitions successives de Michelle Williams (mon côté très ado qui a grandi avec Dawson).
    On sort plutôt conquis de la séance.

  • Vanguard

    Ma réaction en sortant de la salle :
    “Scorsese est beaucoup trop malin pour son public.”

    J’en veux pour preuve les nombreuses réaction entendues en quittant le ciné, de personnes qui avaient trouvé le film bidon, mal ficelé et ennuyeux.

    J’avoue que les premiers 80% du film m’ont tout d’abord laissé ce genre d’impression : décors présentés comme angoissants alors que pour moi, cette île et ce phare n’avaient rien de particulièrement terrifiants ; effets de mise en scène lourdingues (les rêves de Di Caprio…) et musique qui en rajoute des tonnes, je me disais “dans quoi Scorses est-il allé se fourrer ?” – une adaptation de commande d’un thriller au rabais ?

    Et puis, les 20 dernières minutes du film, parfaites, limpides, éclairantes et qui permettent (si l’on est doté d’un cerveau, contrairement à mes co-spectateurs du moment visiblement) de remettre tout le film en perspective… et livrent une analyse juste et intelligente des débats qui ont pu secouer la psychiatrie dans la seconde moitié du 20e siècle.

    Alors, oui, je suis d’accord avec ZeWookie : on ne s’attache pas aux persos, il n’y a pas de “petit quelque chose” qui pourrait “bouleverser”.
    Mais tel n’est pas le but du film, à mon sens : enfin une production ricaine qui donne de la matière à notre cerveau plutôt qu’à notre coeur ou à nos tripes…

  • Vanguard

    @ Kichette : certaines scènes ne sont pas plausibles (le phare “angoissant”, la théorie de la conspiration, les incessantes références aux camps de la mort nazis…) et pour cause !
    Tel était bien le but de Scorsese, en faire trop pour que le spectateur se mette à remettre en question ce qu’on lui montre…

  • kichette

    Vanguard, je ne parlais pas de plausible dans ce sens là. C’est surtout le coup de “je monte une falaise infranchissable, à mains nues, et je trouve une femme dans un trou” ! Enfin, je trouvais juste que ca manquait de “réalisable”, rien de plus ;)

  • Vanguard

    @kichette -
    [SPOILERS !!!]
    Ceci apporte de l’eau à mon moulin : il n’est pas logique qu’il parvienne à escalader cette falaise et qu’il y trouve cette nana car justement, il ne le fait pas ! Ou seulement dans son esprit perturbé (la nana n’existe même pas comme on l’apprend par la suite…) Scorsese, je t’aime !

  • http://moviebuns.com/blanc-comme-neige/ Blanc comme neige | MovieBuns

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