La Rafle

Publié le 26 March 2010 par : Kichette (pour plus d'informations cliquez sur le nom).

Classé dans | Drame-Comédie dramatique, Featured | 998 lectures

Parmi les sorties cinémas de ce mois-ci, il est bon de retenir la sortie de l’excellente réalisation de Roselyne Bosch, La Rafle, en salle depuis le 10 mars. Commençons par noter l’interprétation de Mélanie Laurent, Gad Elmaleh et Jean Reno, sans oublier Hugo Leverdez (Joseph Weismann), Sylvie Testud (Bella Zygler) et bien d’autres…Des comédiens connus certes, mais pas omniprésents et écrasants dans le film.

Petit point sur l’histoire du film en elle-même : celle-ci est abordée du point de vue de Joseph, jeune garçon portant l’étoile, signe distinctif de la population juive depuis 1941 (et imposée par un décret allemand). Ce jeune homme commence donc sa vie d’adolescent pendant la Seconde Guerre Mondiale, sous les moqueries du voisinage, et les regards intempestifs des passants intolérants. Il est accompagné de ses amis et voisins et tente de vivre le plus normalement possible sous l’occupation. Mais tout sera chamboulé par la décision du gouvernement français de l’époque (dirigé par le Maréchal Pétain), qui est de suivre les instructions des forces allemandes emmenées par Hitler (décision prise notamment grâce à la forte collaboration de René Bousquet, secrétaire général à la Police).
Ce que tout le monde connait sous le terme de La Rafle du Vel’ d’Hiv’ (Rafle du Vélodrôme d’Hiver, lieu où les Juifs seront séquestrés avant d’être dispatchés dans différents camps français puis allemands).

Voila ce que raconte le film : la violence de l’arrestation du 16 et 17 juillet 1942, l’incompréhension des familles coupables de vivre comme tout un chacun, l’entassement dans des camps dénués de toute propreté, la séparation des couples et des enfants trop jeunes, l’ignorance de la suite de l’histoire, l’horreur voire la monstruosité de la police française et allemande…La mise en scène retrace les vies de ceux qui ont subi sans avoir provoqué, de ceux qui ont contribué à la Rafle et qui ont orchestré son bon déroulement, de ceux qui ont cru à la bonne foi du gouvernement français, de ceux qui ont tenté de se dérober, de ceux qui ont voulu se rebeller…

La pléiade d’acteurs apporte au film une sincérité parfaite, avec une Mélanie Laurent (jeune infirmière qui suit les déportés) dramatiquement fabuleuse, un Gad Elmaleh (père de Joseph, et ancien combattant) dans un contre-emploi d’un touchant subtile, d’un Jean Reno (médecin juif, réquisitionné) presque impressionnant de tendresse. La touche extrêmement positive du film réside dans le fait que les “têtes d’affiches” ne sont pas mis en avant pour construire le film, bien au contraire. Ils sont mêlés à tous les autres pour rendre la production plus que réaliste. Oui, bien plus que réaliste…N’oublions pas la présence de Raphaëlle Agogué (ayant participé principalement dans des séries), qui est une découverte pour moi, qui se révèle être étonnante dans son jeu d’actrice.

Le scénario prend en compte les aspects émotionnels de toutes les personnes qui ont participé à l’horreur de cette arrestation. On voit ainsi la naïveté des enfants s’amusant comme ils le peuvent, l’espoir des parents qui ne veulent pas croire au pire, l’incompréhension et l’impuissance du peu de personnel médical, la prise de position des policiers (“je ne fais que mon métier”) avec une impuissance dans le regard. Pendant 1h55, vous êtes emportés dans un flot de sentiments qui vous mènent à la honte, à l’effroi, presque au désarroi. Comment est-ce possible ? Pourquoi ? Pas de réponse, juste la vérité et la réalité qui vous éclaboussent sans que vous ne puissiez rien n’y changer, et qui vous tirent les larmes malgré vous.

Le film est plongé dans des référence historiques qui provoquent un bouleversement, un émoi indescriptible mais profond. On parle trop peu souvent du devoir de mémoire, mais La Rafle est à ne pas oublier à ce juste titre.

Que dire de plus ? Allez le voir, et jugez par vous-même de l’intensité d’une partie (malheureusement bien trop longue) de l’Histoire de la Honte.


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  • mina mcguff

    Ce film a le mérite d’exister, je crois que c’est la première fois que l’on traite ce sujet au ciné.
    C’est bien sûr très émouvant, je garde en mémoire les pompiers au vel d’hiv, la séparation mères-enfants….
    j’aurais aimé qu’on parle plus de ces gens qui ont ,au péril de leurs vies, prévenu ou caché les juifs, de même l’histoire de jo le “héros” n’est pas complète et on se demande quel a été son parcours après le camp…
    Je n’ai pas aimé la fin qui à mon avis manque de subtilité et de sobriété…
    Néanmoins un film à voir!!!

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