Je dois l’avouer, cet opus du Maître japonais est mon chouchou. Primo, parce que, contrairement à d’habitude, les héros ne sont pas des enfants mais des adultes. Secundo, parce que le personnage de Sophie me touche particulièrement, ravivant des complexes et des émotions très personnelles. Enfin, les thèmes abordés sont diverses et très nombreux : le difficile passage à l’âge adulte, l’acceptation de soi, la superficialité de la beauté physique, la vieillesse, le face à face avec nos peurs d’enfant, la famille recomposée, le foyer, la guerre et ses ravages, la violence et la politique… et je suis sûre que je passe à côté d’autres choses.
Miyasaki nous livre ici son film le plus mâture, le plus abouti et le moins japonais. En effet, l’histoire n’est pas vue à travers les yeux innocents de jeunes enfants mais par ceux d’une vieille femme sous l’emprise d’un maléfice. De plus, l’action se situe à ce qu’il semblerait à la fin du XIXème siècle dans un pays qui se rapproche de l’Allemagne, voire de la Prusse. Étonnamment, je ne peux pas le voir en VO, la langue nippone ne se prêtant pas très bien à ce contexte complètement européen.
Cela n’empêche pas le Maître de nous livrer toute une galerie de personnages enchantés dont il a le secret tels « Navet » l’épouvantail, « Calcifer » le démon du feu qui est enchaîné au château ou le chien, espion pas très coopératif de la magicienne au service du roi. Son long métrage est donc tout de même emprunt de magie et d’innocence (notamment par le biais du jeune Marco) et le thème de la guerre déjà évoqué dans Nausicaa et dans Princesse Mononoké est également très développé ici.
Quant au dessin, ma foi, il est somptueux, bourré de détails et de couleurs éclatantes. Et les ciels, comme toujours, sont un vrai bonheur pour les mirettes. Et la musique, whaaaa, elle est enlevée et alterne marches militaires et airs mélancoliques. Elle est orchestrée, comme d’habitude, par main de maître par l’habituel Joe Hisaishi. Et mention spéciale au Château, grand héros de ce long métrage, qui réunit en son sein tous les personnages, leur offre un foyer et les protège des attaques extérieures, parcourant la lande tel un fantôme se cachant dans le brouillard.
Vous l’aurez donc compris, un moment intense de cinéma me concernant. J’ai pris grand plaisir à revoir (pour la 20ème fois ?) ce Château Ambulant afin de vous livrer mon sentiment à son sujet. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne séance DVD si vous ne l’avez pas déjà vu.
Le Château Ambulant
Sortie au cinéma : 12 janvier 2005
réalisé par Hayao Miyazaki
titre japonais: Hauru no ugoku shiro
Durée: 1h59
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