Date de sortie cinéma : 20 avril 2011
Réalisé par Jennifer Devoldere
Avec Mélanie Laurent, Michel Blanc, Géraldine Nakache
Fondu dans la masse des grosses productions américaines du moment, vous n’avez peut-être pas entendu parler du second long-métrage de Jennifer Delvodere (Après Jusqu’à toi – juillet 2009), Et soudain tout le monde me manque. Le film réuni pour la deuxième fois Mélanie Laurent et Michel Blanc (ce dernier l’ayant engagé dans Embrassez qui vous voudrez, le premier grand rôle de la demoiselle). On retrouve également Géraldine Nakache (Tout ce qui brille), Manu Payet et Claude Perron. Essayons maintenant de vous donner un avis objectif sur ce film.
D’abord, replaçons le contexte. La réalisatrice nous place dans une famille comme il en existe bien d’autres. Un père , Eli (Michel Blanc), marié à sa nouvelle conquête, Suzanne (Claude Perron), annonce à ses deux filles, Justine (Mélanie Laurent) et Dom (Florence Loiret-Caille) qu’il va être papa (le jour de son soixantième anniversaire). Dom, sur le point d’adopter (on suppose qu’elle a des problèmes pour avoir des enfants) et Justine qui a une relation conflictuelle avec son paternel depuis toujours, réagissent très négativement à cette annonce. La suite du film raconte ce que va devenir cette famille en pleine implosion, une famille particulière, avec ses relations bizarroïdes, ses secrets farfelus, finalement une famille comme celle de beaucoup d’hommes et de femmes.

Michel Blanc joue ici le rôle d’un père assez surprenant, voire décalé. En effet, il a décidé de rester en contact avec tous les ex que cumule sa fille Justine, qui ne se soucie guère d’eux. Sauf que celle-ci n’est pas au courant des relations qu’entretient son père avec ces hommes. Il joue au golf avec Atom (Manu Payet) et a même été jusqu’à embauché Matthias et Alex !! Imaginez la crise quand elle le découvre… Michel Blanc est peut-être ici le beau-père que tout le monde voudrait avoir : drôle, cultivé et intéressé. Qui sait !
Mélanie Laurent, que l’on a vu dernièrement dans des rôles plutôt dramatiques, joue ici une jeune adulte encore dans sa période adolescente, qui enchaîne les relations sentimentales sans regarder derrière elle et qui s’accroche à tout ce qui bouge. Elle est manipulatrice en radiologie et son passe-temps favori est de faire des scanners à toutes sortes d’objets avec la complicité de son amie standardiste Cécilia (Géraldine Nakache), ce qui lui vaudra quelques surprises ! Cette jeune femme s’est construite difficilement face à l’absence d’un père (jazzman) toujours parti en tournée et moqueur sur à peu près tout (dire à son enfant de 3 ans que son dessin est moche par exemple !). Elle vit d’autant plus durement le fait qu’il s’immisce dans sa vie.

Un film français sans drame dramatiquement dramatique ne serait pas un film français ! Alors il a bien fallu trouver un point sensible qui fait pleurer tout bon public ou toute personne dans une situation similaire. Alors, je vous laisse découvre ce petit moment de film qui fait, je le pense, toute la morale du scénario, si morale il doit y avoir.
Le film reste toute fois une comédie quelque peu farfelue, et sûrement un peu trop téléphonée, mais une bonne comédie de vendredi soir tranquille quand on ne veut pas se prendre la tête outre mesure. Car aux critiques qui diront que le film est plat, mou et semblable à bien d’autres, je réponds oui, certes, mais c’est aussi parfois ce que les hommes et les femmes veulent voir, quelque chose qui ressemble à la vie de n’importe qui, qui peut nous toucher et nous faire sourire, sans nous transcender comme une affiche à l’américaine.
La critique que je pourrais tout de même faire et qui restera personnelle, est que les personnages, tous confondus, manquent de profondeur. Ils ne vont pas assez loin dans leur jeu respectif. Bien évidemment, il s’agit peut-être du vouloir de la réalisatrice mais je m’attendais à quelque chose de plus percutant quand j’ai appris le casting du film. Mélanie Laurent rentre bien dans le personnage de fille paumée et fragile, mais c’est comme si on la coupait en plein de l’apogée de l’émotion. Une scène qui pourrait être extrêmement touchant dans la dernière partie du film où on l’a voit verser quelques larmes devient très vit un instant caricaturé.
Et certains personnages secondaires ne sont pas assez “exploités”. On en vient même à se demander à quoi servent certains acteurs dans le scénario !!
En toute objectivité, le film reste plutôt sympa à regarder (il ne dure pas non plus très longtemps), mais malgré la présence de la prestigieuse Mélanie, je le conseille plutôt en sortie DVD dans quatre mois !!
En aparté, je tiens à vous signaler qu’on retrouvera Mélanie Laurent dans Beginners le 15 juin de cette année au côté d’Ewan Mc Gregor (Madame !), et qu’elle passera derrière la caméra avec Les adoptés en novembre 2011.









