Sortie cinéma : 2002
Disponible en DVD depuis 2004
Réalisé par Zabou Breitman
Avec Isabelle Carré, Bernard Campan, Bernard Le Coq
Durée : 1h50
Des films avec une connotation aussi vraie et sentimentale sont bien rares aujourd’hui dans les salles françaises mais aussi dans les scénarios de nos réalisateurs. Nous tenions donc à vous présenter ce beau long-métrage, Se souvenir des belles choses, sorti il y a quelques années, qui tire son histoire de faits très présents dans notre société. Car ici, il s’agit de mettre en avant une des maladies les plus cruelles qui puisse exister : Alzheimer. Cruelle, car oublier ce que l’on est, ce que l’on a vécu, est à mon humble avis quelque chose d’inacceptable autant pour la personne qui le vit que pour l’entourage qui le subit. Zabou Breitman signe ici son premier film en tant que réalisatrice et recevra d’ailleurs des prix d’excellence qu’elle mérite.
Faisons d’abord un petit résumé de l’histoire : Claire Poussin (Isabelle Carré), la trentaine, est victime de perte de mémoire après avoir été frappée par la foutre en forêt. Sa soeur Nathalie (Anne Le Ny) décide de l’emmener au centre “Les écureuils” pour demander un avis médical au directeur de celui-c, Christian Litch (Bernard Le Coq), qui a accueilli également leur mère, décédée de la maladie d’Alzheimer. Ce dernier lui propose un programme spécial pour elle, pensant que son problème est passager. Claire fait alors la rencontre des autres malades (malades de différents symptômes) dont celle de Philippe (Bernard Campan), qui a perdu la mémoire après un accident de voiture qui a coûté la vie à sa femme et son fils. Tous deux vivent alors une relation bien particulière qui entraîne des conséquences auxquelles on ne peut pas toujours faire face…

Le casting doit être quelque chose de particulièrement difficile lorsqu’il s’agit de traiter d’un sujet aussi complexe à mettre en image. Comment se mettre “à la place de” quand c’est inimaginable de le faire ?! Breitman a su choisir parfaitement les deux protagonistes de l’histoire : Isabelle Carré et Bernard Campan, dont la prestation est impressionnante par la prise totale de leur rôle.
Isabelle Carré se retrouve plongée dans un personnage qui perd le sens des réalités et du temps. Elle allie les nombreuses émotion de Claire, comme si c’était son comportement habituel. Elle a su faire passer la tristesse, la joie, l’amour et l’incompréhension dans son jeu sans que cela ne paraisse trop surjoué. Notons que l’actrice a reçu le César de la meilleure actrice en 2003.
Bernard Campan est ici dans un rôle que je ne lui connais pas. Souvent planté dans un jeu comique, il est ici confronté à la perte de sentiments quant à sa vie passée, au vide des sensations, mais à la prise de conscience d’un amour naissant, amour qui pourra peut-être le sauver des nimbes.

Le film a tout de même gardé beaucoup d’humour, malgré le sujet délicat et dramatique. Bien sûr, cela n’enlève rien au “morbide” mais les personnages nous proposent une vision plus réelle de ce que peut être la vie d’un malade. Tout n’est pas noir, ni rose, simplement changeant selon les moments. La situation porte justement à sourire vu que l’on est transporté dans un monde que l’on ne connait pas réellement : voir des personnes se comporter “bizarrement” et semblant penser que tout est normal pour eux, peut fait rire malgré la noirceur que cela devrait dégager. Et heureusement, car la larme à l’oeil n’est pas loin.
L’histoire d’amour entre deux être qui se ressemblent mais qui ne finiront pas de la même manière fait froid dans le dos, mais parallèlement vous fait réaliser que vous avez besoin de quelqu’un, qui que ce soit, pour surmonter des drames auxquels vous n’êtes pas préparés. Que l’autre joue un rôle prépondérant dans votre bonheur, même si ce dernier ne peut être parfait.
Le film montre aussi une équipe médicale un peu débordée par le problème des maladies mentales, une équipe qui a besoin de rire pour décompresser mais qui a du mal à ne pas s’attacher, d’une manière ou d’une autre aux personnes atteintes d’un symptôme lourd, quel qu’il soit.

Le scénario est plutôt bien fait quant à la relation entre les personnes. Par contre, je me permets de soulever le caractère un peu trop caricatural que l’on fait des malades, et du personnel soignant. Certes, les personnes que l’on considère comme “folles” dans le langage du commun des mortels nous paraissent parfois totalement farfelues et déconnectées par rapport à notre réalité. L’histoire va trop loin dans la vision du symptôme. De mon point de vue.
Je conclurai par les premiers mots du film : la secrétaire du centre dit une phrase amusante : elle aimerait avoir “plus de barres de mémoire” pour son ordinateur. Si seulement nous pouvions nous aussi changer nos barres de mémoire pour qu’elles fonctionnent jusqu’à la fin…


Sortie Cinéma : 2006

Date de sortie cinéma : 20 avril 2011

Date de sortie cinéma : 20 octobre 2010


La musique tourne autour du célèbre Messie de Haendel (1741) qui donne sans contexte une prestance au film. Soulignons également que la scène de fin est extrêmement bien faite, tant pour le scénario que l’environnement que l’ambiance de celle-ci.
Date de sortie cinéma : 19 Janvier 2011





