Archive | Drame-Comédie dramatique

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Se souvenir des belles choses

Posted on 02 June 2011 by Kichette

Sortie cinéma : 2002

Disponible en DVD depuis 2004

Réalisé par Zabou Breitman

Avec Isabelle Carré, Bernard Campan, Bernard Le Coq

Durée : 1h50

 

 

 

Des films avec une connotation aussi vraie et sentimentale sont bien rares aujourd’hui dans les salles françaises mais aussi dans les scénarios de nos réalisateurs. Nous tenions donc à vous présenter ce beau long-métrage, Se souvenir des belles choses, sorti il y a quelques années, qui tire son histoire de faits très présents dans notre société. Car ici, il s’agit de mettre en avant une des maladies les plus cruelles qui puisse exister : Alzheimer. Cruelle, car oublier ce que l’on est, ce que l’on a vécu, est à mon humble avis quelque chose d’inacceptable autant pour la personne qui le vit que pour l’entourage qui le subit. Zabou Breitman signe ici son premier film en tant que réalisatrice et recevra d’ailleurs des prix d’excellence qu’elle mérite.

Faisons d’abord un petit résumé de l’histoire : Claire Poussin (Isabelle Carré), la trentaine, est victime de perte de mémoire après avoir été frappée par la foutre en forêt. Sa soeur Nathalie (Anne Le Ny) décide de l’emmener au centre “Les écureuils” pour demander un avis médical au directeur de celui-c, Christian Litch (Bernard Le Coq), qui a accueilli également leur mère, décédée de la maladie d’Alzheimer. Ce dernier lui propose un programme spécial pour elle, pensant que son problème est passager. Claire fait alors la rencontre des autres malades (malades de différents symptômes) dont celle de Philippe (Bernard Campan), qui a perdu la mémoire après un accident de voiture qui a coûté la vie à sa femme et son fils. Tous deux vivent alors une relation bien particulière qui entraîne des conséquences auxquelles on ne peut pas toujours faire face…

Le casting doit être quelque chose de particulièrement difficile lorsqu’il s’agit de traiter d’un sujet aussi complexe à mettre en image. Comment se mettre “à la place de” quand c’est inimaginable de le faire ?! Breitman a su choisir parfaitement les deux protagonistes de l’histoire : Isabelle Carré et Bernard Campan, dont la prestation est impressionnante par la prise totale de leur rôle.
Isabelle Carré se retrouve plongée dans un personnage qui perd le sens des réalités et du temps. Elle allie les nombreuses émotion de Claire, comme si c’était son comportement habituel. Elle a su faire passer la tristesse, la joie, l’amour et l’incompréhension dans son jeu sans que cela ne paraisse trop surjoué. Notons que l’actrice a reçu le César de la meilleure actrice en 2003.
Bernard Campan est ici dans un rôle que je ne lui connais pas. Souvent planté dans un jeu comique, il est ici confronté à la perte de sentiments quant à sa vie passée, au vide des sensations, mais à la prise de conscience d’un amour naissant, amour qui pourra peut-être le sauver des nimbes.

Le film a tout de même gardé beaucoup d’humour, malgré le sujet délicat et dramatique. Bien sûr, cela n’enlève rien au “morbide” mais les personnages nous proposent une vision plus réelle de ce que peut être la vie d’un malade. Tout n’est pas noir, ni rose, simplement changeant selon les moments. La situation porte justement à sourire vu que l’on est transporté dans un monde que l’on ne connait pas réellement : voir des personnes se comporter “bizarrement” et semblant penser que tout est normal pour eux, peut fait rire malgré la noirceur que cela devrait dégager. Et heureusement, car la larme à l’oeil n’est pas loin.

L’histoire d’amour entre deux être qui se ressemblent mais qui ne finiront pas de la même manière fait froid dans le dos, mais parallèlement vous fait réaliser que vous avez besoin de quelqu’un, qui que ce soit, pour surmonter des drames auxquels vous n’êtes pas préparés. Que l’autre joue un rôle prépondérant dans votre bonheur, même si ce dernier ne peut être parfait.

Le film montre aussi une équipe médicale un peu débordée par le problème des maladies mentales, une équipe qui a besoin de rire pour décompresser mais qui a du mal à ne pas s’attacher, d’une manière ou d’une autre aux personnes atteintes d’un symptôme lourd, quel qu’il soit.

Le scénario est plutôt bien fait quant à la relation entre les personnes. Par contre, je me permets de soulever le caractère un peu trop caricatural que l’on fait des malades, et du personnel soignant. Certes, les personnes que l’on considère comme “folles” dans le langage du commun des mortels nous paraissent  parfois totalement farfelues et déconnectées par rapport à notre réalité. L’histoire va trop loin dans la vision du symptôme. De mon point de vue.

Je conclurai par les premiers mots du film : la secrétaire du centre dit une phrase amusante  : elle aimerait avoir “plus de barres de mémoire” pour son ordinateur. Si seulement nous pouvions nous aussi changer nos barres de mémoire pour qu’elles fonctionnent jusqu’à la fin…

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Je vais bien, ne t’en fais pas…

Posted on 15 May 2011 by Kichette

Sortie Cinéma : 2006

Disponible en DVD depuis 2007

Réalisé par Philippe Lioret

Avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier…

Durée : 1h40

 

 

 

Film sorti en salle il y a quelques années, MovieBuns en parle aujourd’hui vu la présence de Mélanie Laurent au casting ! Beaucoup d’entre vous auront vu ou au moins entendu parler de Je vais bien, ne t’en fais, qui a fait grand succès en France, trame empruntée au livre éponyme d’Olivier Adam. Petit récap, petit avis, le tout qui vous donne envie !

Résumé : Rentrant de ses vacances, Lili, jeune adulte de 19 ans, apprend que son frère jumeau, Loïc a quitté le domicile familial, suite à une violente dispute avec ses parents. N’ayant pas de nouvelles, et trouvant cela inhabituel, Lili décide de partir à sa recherche en sillonant la France. Ce qu’elle va découvrir dépasse l’entendement…

Voici une histoire familiale bien sordide au final et que l’on croit impossible, invraisemblable même ! Que je ne révèlerai pas, même si on découvre très vite l’issue du film, qui n’est pas le véritable intérêt de celui-ci.
On retrouve ici, une Lili (Mélanie Laurent) sortant tout juste de l’adolescence, très liée à son frère, encore dans le cocon familial puisque protégé par son père, Paul (Kad Mérad). Ne sachant pas où se trouve son frère, elle part de suite en quête pour le retrouver. Elle finit par recevoir des cartes postales de celui-ci, lui demandant de ne pas s’inquièter. Elle suit alors sa trace grâce aux adresses que lui fournit cette preuve. Mais Lili est dévorée par cette absence, et refuse de vivre sans lui, mettant en danger sa santé physique et mentale.
Paul (Kad Mérad), père attentif et aimant, fait tout pour faire le bonheur de sa fille, même si on se rend vite compte que sa méthode est malsaine et dévastatrice. Mais comme beaucoup de pères, il prend la solution qu’il pense être la meilleure pour épargner son enfant.

Le film n’est pas tant éprouvant par le suspens qu’il pourrait y avoir, mais par la vérité des sentiments qui s’en dégagent. Il est poignant, déstabilisant, vous arrachant les tripes et le coeur au passage. Je vais bien, ne t’en fais pas est tout simplement sublime par le jeu des acteurs, sans trop de dialogues, mais avec une finesse dans la nuance des émotions qui propulse le scénario au summum.

Mélanie Laurent, ne débute pas avec ce film, mais lance bien la carrière qu’on lui connait aujourd’hui grâce à sa prestation. Elle recevra d’ailleurs le César du meilleur espoir féminin. Elle est subtile dans les sentiments qu’elle fait passer. Ce n’est pas tant le pourquoi elle se bat mais le comment qui rend le rôle tellement attachant.
Quant à Kad Mérad, que l’on a beaucoup vu dans des rôles comiques, même si la tendance change, il joue ici un père sensible mais qui peut passer pour quelqu’un de cruel. Il est juste et simple dans son rôle, je dirai même qu’avec cette interprétation, on le découvre enfin.
Notons la très bonne prestation de Julien Boisselier qui a également reçu le César du meilleur espoir masculin.

En conclusion, un film qu’on ne peut pas vraiment raconter sans trop en dévoiler, mais un film à voir, même à revoir, rien que pour le casting parfait des acteurs.

Petite note d’Aurélien :

Etant très fan de Mélanie Laurent également, je ne pouvais m’empêcher de mettre mon petit grain de sel dans cet article (avec l’accord de Kichette, ça va de soit). Je voulais juste parler d’un point important, à mes yeux, à sa voir la musique. Il y a des films où la musique est secondaire voir anecdotique et d’autres où elle fait partie des éléments incontournables de la réalisation, et où elle a sa place au casting. Je vais bien, ne t’en fais pas est ce genre de film. Il m’a permis de découvrir AaRON (Artificial Animals Riding On Neverland) groupe français chantant presque qu’en anglais. La chanson qui suit, est intégrée dans le film, ce qui a impliqué le changement de prénom de l’héroïne par rapport au livre original.

 

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Et soudain, tout le monde me manque…

Posted on 23 April 2011 by Kichette

Date de sortie cinéma : 20 avril 2011

Réalisé par Jennifer Devoldere
Avec Mélanie Laurent, Michel Blanc, Géraldine Nakache

Durée : 01h38min 

 

 

 

Fondu dans la masse des grosses productions américaines du moment, vous n’avez peut-être pas entendu parler du second long-métrage de Jennifer Delvodere (Après Jusqu’à toi – juillet 2009), Et soudain tout le monde me manque. Le film réuni pour la deuxième fois Mélanie Laurent et Michel Blanc (ce dernier l’ayant engagé dans Embrassez qui vous voudrez, le premier grand rôle de la demoiselle). On retrouve également Géraldine Nakache (Tout ce qui brille), Manu Payet et Claude Perron. Essayons maintenant de vous donner un avis objectif sur ce film.

D’abord, replaçons le contexte. La réalisatrice nous place dans une famille comme il en existe bien d’autres. Un père , Eli (Michel Blanc), marié à sa nouvelle conquête, Suzanne (Claude Perron), annonce à ses deux filles, Justine (Mélanie Laurent) et Dom (Florence Loiret-Caille) qu’il va être papa (le jour de son soixantième anniversaire). Dom, sur le point d’adopter (on suppose qu’elle a des problèmes pour avoir des enfants) et Justine qui a une relation conflictuelle avec son paternel depuis toujours, réagissent très négativement à cette annonce. La suite du film raconte ce que va devenir cette famille en pleine implosion, une famille particulière, avec ses relations bizarroïdes, ses secrets farfelus, finalement une famille comme celle de beaucoup d’hommes et de femmes.

Michel Blanc joue ici le rôle d’un père assez surprenant, voire décalé. En effet, il a décidé de rester en contact avec tous les ex que cumule sa fille Justine, qui ne se soucie guère d’eux. Sauf que celle-ci n’est pas au courant des relations qu’entretient son père avec ces hommes. Il joue au golf avec Atom (Manu Payet) et a même été jusqu’à embauché Matthias et Alex !! Imaginez la crise quand elle le découvre… Michel Blanc est peut-être ici le beau-père que tout le monde voudrait avoir : drôle, cultivé et intéressé. Qui sait !
Mélanie Laurent, que l’on a vu dernièrement dans des rôles plutôt dramatiques, joue ici une jeune adulte encore dans sa période adolescente, qui enchaîne les relations sentimentales sans regarder derrière elle et qui s’accroche à tout ce qui bouge.  Elle est manipulatrice en radiologie et son passe-temps favori est de faire des scanners à toutes sortes d’objets avec la complicité de son amie standardiste  Cécilia (Géraldine Nakache), ce qui lui vaudra quelques surprises ! Cette jeune femme s’est construite difficilement face à l’absence d’un père (jazzman) toujours parti en tournée et moqueur sur à peu près tout (dire à son enfant de 3 ans que son dessin est moche par exemple !). Elle vit d’autant plus durement le fait qu’il s’immisce dans sa vie.

Un film français sans drame dramatiquement dramatique ne serait pas un film français ! Alors il a bien fallu trouver un point sensible qui fait pleurer tout bon public ou toute personne dans une situation similaire. Alors, je vous laisse découvre ce petit moment de film qui fait, je le pense, toute la morale du scénario, si morale il doit y avoir.
Le film reste toute fois une comédie quelque peu farfelue, et sûrement un peu trop téléphonée, mais une bonne comédie de vendredi soir tranquille quand on ne veut pas se prendre la tête outre mesure. Car aux critiques qui diront que le film est plat, mou et semblable à bien d’autres,  je réponds oui, certes, mais c’est aussi parfois ce que les hommes et les femmes veulent voir, quelque chose qui ressemble à la vie de n’importe qui, qui peut nous toucher et nous faire sourire, sans nous transcender comme une affiche à l’américaine.

La critique que je pourrais tout de même faire et qui restera personnelle, est que les personnages, tous confondus, manquent de profondeur. Ils ne vont pas assez loin dans leur jeu respectif. Bien évidemment, il s’agit peut-être du vouloir de la réalisatrice mais je m’attendais à quelque chose de plus percutant quand j’ai appris le casting du film. Mélanie Laurent rentre bien dans le personnage de fille paumée et fragile, mais c’est comme si on la coupait en plein de l’apogée de l’émotion. Une scène qui pourrait être extrêmement touchant dans la dernière partie du film où on l’a voit verser quelques larmes devient très vit un instant caricaturé.
Et certains personnages secondaires ne sont pas assez “exploités”. On en vient même à se demander à quoi servent certains acteurs dans le scénario !!

En toute objectivité, le film reste plutôt sympa à regarder (il ne dure pas non plus très longtemps), mais malgré la présence de la prestigieuse Mélanie, je le conseille plutôt en sortie DVD dans quatre mois !!

En aparté, je tiens à vous signaler qu’on retrouvera Mélanie Laurent dans Beginners le 15 juin de cette année au côté d’Ewan Mc Gregor (Madame !), et qu’elle passera derrière la caméra avec Les adoptés en novembre 2011.

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Les petits mouchoirs (DVD) 2010

Posted on 24 March 2011 by Kichette

Date de sortie cinéma : 20 octobre 2010
Film disponible en DVD/BR depuis le : 23 février 2011
Réalisé par Guillaume Canet
Avec François CluzetMarion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Jean Dujardin
Durée : 2h34

 

Dernier film en date de Guillaume Canet (après Mon idole et Ne le dis à personne), Les petits mouchoirs est sorti en dvd et bluray le 23 février dernier. Un casting plutôt complet, un scénario vraiment bien fait, voici ma critique :

Un petit résumé s’impose d’abord : une bande de copains part chaque année en vacances sur la côte ouest (au Cap-Ferret) grâce à l’un d’eux, Max (joué par François Cluzet), riche propriétaire d’un restaurant. Alors que la date arrive, Ludo (Jean Dujardin) est victime d’un accident, mais la troupe décide tout de même de partir en le laissant en convalescence sans savoir réellement ce qu’il va advenir de lui. Max, sa femme Véronique (Valérie Bonneton), Vincent (Benoît Magimel), et Isabelle sa femme (Pascale Arbillot), Marie (Marion Cottilard), Eric (Gilles Lellouche), et Antoine (Laurent Laffite) s’en vont donc rejoindre Jean-Louis (Joël Dupuch), ostréiculteur avec qui ils profitent du soleil, du bon vin et de la bonne bouffe.
Mais alors que les vacances sont un moment de détente, de jeu et de glandouille, tout bascule quand des “petits mouchoirs” doivent être levés (le titre du film signifiant selon Canet, qu’en levant les petits mouchoirs, on soulève les secrets enfouis de chacun).

Le film est vraiment étonnant quant aux émotions changeantes pendant 2h34 qu’il dure. On commence par un moment de fête qui se termine en accident. Puis viennent le temps des vacances où tout est relax mais qui vire rapidement au cauchemar pour certains.
Marie est encore éprise de Ludo mais préfère ne pas s’attacher à ses “plans culs” (avec la participation amicale de Matthieu Chedid et Maxim Nucci. Vincent a un secret inavouable à sa femme et son film et qui bouleverse le ténor du groupe, Max. Eric ne sait pas comment ne pas être con avec les filles. Antoine est totalement accro à son ex, Juliette (Anne Marivin) et ennuie ses amis à longueur de temps.
Alors que tout le monde tente de faire avec, Jean-Louis essaye de les faire réagir sur leur bêtise sans vraiment y arriver.
Le film est très joyeux à certains moments, même si le drame personnel de chaque personnage ressurgit de plus belle à chaque bon instant, drame qu’on ne peut expliquer sans gâcher le film (bien que la morale de celui-ci ne se cache pas dans les problèmes de ces petits êtres). Le scénario est centré sur la vie en communauté du groupe et les liens qu’ils entretiennent entre eux sans que leurs amis ne le sachent.

Finalement, on pourrait penser que le film est on ne peut plus banal. En effet, voir des personnes en vacances rire ou se crêper le chignon n’a pas grand-chose d’exaltant. Le casting a beau être somptueux tant par son côté “grande carrière” que par son côté médiatique (Marion Cottilard fait effet en ce moment, et qui plus est, est la compagne de Guillaume Canet), le film ne reste pas original si on ne prend que la globalité. Il soulève des questions de société qui peuvent arriver à n’importe qui (l’amour perdu que l’on voudrait retrouver, le père de famille qui pense être homo, le mec fou amoureux qui ne peut pas s’empêcher d’aller voir ailleurs, le mec riche qui pense que tout le monde ne l’aime que pour son argent et qui en joue…). Mais les 20 dernières minutes relèvent d’une toute autre émotion qui transcende le film. Qui vous poignent et vous font venir les larmes. 20 minutes qui vous font réfléchir à ce que vous laissez de côté en pensant que tout peut se reporter. 20 minutes où tous les problèmes des acteurs peuvent porter à sourire.

En gros, j’ai trouvé ce film moralisateur, mais dans le bon sens. La fin semble logique bien sûr, mais vous êtes tellement emmenés dans les histoires de vacances de chacun que vous en oubliez ce qui pourrait se produire. Guillaume Canet a très bien montré que lever les secrets est parfois difficile et source d’énormes conflits, de disputes voire de séparations, mais que l’essentiel n’est peut-être pas là où on le croit et que cet essentiel est capable d’effacer toute cette rancœur et ces petits soucis pour faire place à un concept connu depuis toujours : l’amitié.

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Requiem pour une tueuse

Posted on 06 March 2011 by Kichette

A compter du 23 février dernier, nous pouvons retrouver une des actrices françaises incontournables du moment, Mélanie Laurent dans un film de Jérôme Le Gris,  Requiem pour une tueuse, aux côtés de Clovis Cornillac et Tchéky Karyo. Résumé.

Lucrèce (Mélanie Laurent) est une tueuse à gages. Elle remplit son rôle sous l’aile de l’Arménien (Tchéky Karyo) et est renommée dans le métier. Elle se retrouve confrontée à un contrat difficile à remplir. A cause d’enjeux économiques, on lui demande d’éliminer Alexander Child (Christopher Stills), grand classique de l’Opéra qui se produit au prestigieux Festival d’Ermeux, en Suisse. Sous couverture d’une chanteuse (qu’elle est depuis longtemps dans l’histoire), elle commence sa mission avec beaucoup d’appréhension. Parallèlement, le contre-espionnage français tente de débusquer cette tueuse qui leur file sous les doigts depuis trop longtemps. Rico (Clovis Cornillac) est alors envoyé pour réduire la menace qui pèse et s’emparer de la coupable, sans aucunes informations sur celle-ci. S’ensuit alors un nœud de sentiments, de complications, où les relations entre personnages brouillent le dénouement normalement simple de l’histoire. Et où des personnages secondaires apparaissent là où on ne les attendait pas.

Mélanie Laurent se retrouve une nouvelle fois dans un rôle quelque peu dramatique (après La Rafle et Inglorious Basterds), mais où elle est toujours aussi sublime si on ne prend que son jeu d’actrice en compte. Elle doit tuer alors qu’elle tient une personnalité douce et qu’elle est éprise de sentiments divergents face aux personnes qui l’entourent. Elle est plongée dans un univers qui lui ressemble, qui la passionne mais qu’elle doit détruire pour remplir les conditions de son contrat. Ses mêmes sentiments la mène à faire des erreurs, à se laisser duper par d’autres protagonistes qu’elle ne soupçonne même pas.

Clovis Cornillac lui, joue un rôle qui lui va plutôt bien. Le flic qui  ne veut pas l’être et qui veut tenter de sauver tout le monde sans faire de dégâts. Le côté dramatique de son personnage apparaît dans la deuxième partie du film, mais lui colle véritablement à la peau (je ne suis pas une grande fan de l’acteur à la base, donc agréablement surprise).

Le début du film est quelque peu téléphoné à mon goût. Ca reste une mission remplie par une tueuse à gages engagée par des hommes frauduleux. Mais l’intrigue reste tout de même alléchante.  En effet, la tueuse se retrouve “fliquée” par ses commanditaires sans qu’elle ne s’en rende compte, mais aussi protégée par celui qui la traque. Le film se passe quasiment en huit-clos dans un beau château des Alpes Suisses ce qui donne un relief particulier au scénario mais qui ne manque pas d’originalité.

La musique tourne autour du célèbre Messie de Haendel (1741) qui donne sans contexte une prestance au film. Soulignons également que la scène de fin est extrêmement bien faite, tant pour le scénario que l’environnement que l’ambiance de celle-ci.

En allant voir Requiem pour une tueuse, il ne faut pas s’attendre à d’énormes rebondissements, du sang, des courses poursuites, ou des fusillades à gogo. Le jeu tourne autour du poison, de la maîtrise des actions des autres et de la subtilité à devenir quelqu’un que l’on n’est pas. Le film reste très esthétique au niveau de ses décors, ce qui lui donne un très beau cachet au final. On ne peut pas plaire à tout le monde, certes, mais malgré quelques petits défauts dans la première partie, il reste sympa à aller voir ou à acheter dans quelques mois. Car on pourra toujours me contester mais Mélanie Laurent reste l’une des meilleures jeunes actrices françaises aujourd’hui.

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Au-delà

Posted on 23 February 2011 by Aurelien

Date de sortie cinéma : 19 Janvier 2011
Réalisé par : Clint Eastwood
Avec : Matt Damon, Cécile de France, Thierry Neuvic

SynopsisAu-delà est l’histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu’elle soulève. George est un Américain d’origine modeste, affecté d’un “don” de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l’être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser pour tenter de répondre au mystère de l’Au-delà.

Mon avis : Le thème de la mort est toujours délicat à amener, résonnant de différentes manières selon notre vécu. Il y a, je trouve, une véritable prise de risque de la part de Clint Eastwood, réalisateur qui m’avait bluffé avec son Million Dollar Baby (dernier film que j’ai vu de lui depuis fort longtemps). Ce film présente la vie de trois personnages, George, Marie et Marcus, dont les destins vont se croiser non sans raison. Au-delà est déroutant, prenant dès les premières minutes, et nous laisse réfléchir sur la mort et ses conséquences (pour ceux qui restent). Sans nous apporter des réponses ni l’ombre d’une supposition/hypothèse, on en ressort avec des questions qu’on ne se pose pas forcément d’ordinaire. La musique colle parfaitement aux scènes qu’elle met en valeur.

J’ai apprécié de voir Matt Damon dans le rôle d’un américain modeste, ce qui le change de la plupart de ses rôles actuels (Bourne, Green Zone, etc.). Il en ressort beaucoup plus touchant, plus humain même, et interprète son rôle avec justesse, comme quoi il a toujours la mort dans la peau. Cécile de France dans un film américain s’en sort beaucoup mieux que dans le tour du monde en 80 jours (nanard avec Jackie Chan et Mickael Youn).

Sans être “le film de l’année”, Au-delà reste un film touchant, juste et délicat. A voir en DVD!

 

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Le concert DVD (2010)

Posted on 13 September 2010 by Aurelien

A l’époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d’Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais… comme homme de ménage.
Un soir, alors qu’Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s’agit d’une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l’orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris… Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd’hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L’occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche…

Réalisé par : Radu Mihaileanu

Avec :

Aleksei Guskov : Andreï Filipov
Mélanie Laurent : Anne-Marie Jacquet
Dimitry Nazarov : Sacha Grossman
Valeri Barinov : Ivan Gavrilov
François Berléand : Olivier Morne Duplessis
Miou-Miou : Guylène de la Rivière

Mon Avis :

Ce film était resté longtemps sur la DVDtèque avant que je me décide enfin à le regarder. L’achat fut sans contexte motivé par la présence de Mélanie Laurent au casting, actrice que j’apprécie dans chacun de ses films. Nous avons ici droit à une comédie dramatique particulière, puisque la musique (classique) anime le Concert.

Le film est en deux temps : l’organisation du concert passant par la recherche de musiciens pour Andreï afin de constituer son orchestre et l’arrivée à Paris.

La première partie nous plonge dans ce qui pourrait passer pour un film russe des années 80, avec un certain humour (qu’on apprécie, ou pas). La seconde nous permet de voir enfin Mélanie Laurent en célèbre violoniste dont l’existence est liée à celle d’Andreï sans trop qu’on sache comment (bien qu’on puisse émettre quelques hypothèses). Bien que ce film soit long, je n’ai pas ressenti de lourdeur, la musique rythmant agréablement ce film en alternant avec un certain doigté les moments drôles et dramatiques.

Mon avis sur ce film reste cependant assez mitigé. J’ai apprécié le film dans son ensemble, mais je regrette qu’on attende aussi longtemps pour pouvoir profiter du jeu d’actrice de Mélanie. Cela dit, il fallait poser le décor, et Radu Mihaileanu s’est soucié de beaucoup (trop?) de détails. D’autant plus que contrairement aux idées reçues que l’on pourrait avoir à l’évocation du nom du film, ce n’est pas le film qui sert la musique classique mais l’inverse. N’étant pas très sensible à cette musique, j’avoue que l’alchimie des deux est très bien dosée.

En résumé : A voir car Le Concert reste un bon moment, à posséder en DVD/BR uniquement pour les fans de Mélanie Laurent ou/et de Tchaïkovsky.

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Garden State (DVD)

Posted on 27 June 2010 by Aurelien

Aujourd’hui j’ai décidé de parler d’un de mes films préféré : Garden State de et avec Zach Braff.
J’ai découvert l’acteur (comme beaucoup d’entre vous) dans la série qui l’a révélé : Scrubs. Adorant la série, et l’acteur, j’avais hâte de voir ce qu’il pouvait donner au cinéma, qui plus est devant et derrière la caméra. J’étais loin de m’attendre au choc que cela a été!

Je ne vais pas vous mentir, je suis complètement passé à coté de sa sortie ciné, et je me suis rattrapé peu de temps après sur sa sortie en DVD. Zach Braff qui a écrit, réalisé et interpreté Garden State avait pourtant mis les moyens, en tenant notamment à jour un blog dédié au film, et malgré la qualité incroyable du film, seulement un peu plus de 300.000 français l’ont vu en salle. Cet article a pour but de vous faire découvrir un film que vous n’avez sans doute pas vu!

Synopsis : Andrew Largeman est dans la vingtaine, mène une vie paisible à Los Angeles où il essaye, sans trop de succès, de devenir acteur. Il est complètement assommé par la quantité de médicaments qu’il prend, et semble avoir perdu le goût de la vie, vivant au jour le jour dans une attitude de désinvolture totale.
Il revient dans sa ville natale dans le New Jersey pour enterrer sa mère paraplégique l’obligeant à revivre un passé qui le ronge de l’intérieur. Il y retrouve ses anciens amis qu’il a quitté neuf ans auparavant. Il rencontre aussi Samantha, épileptique, étrange et belle, dont il va, petit à petit tomber amoureux.
Zach nous dépend une histoire avec sincérité, le genre d’histoire qui pourrait nous arriver, ou à un de nos proches, et c’est en partie ce qui rend ce film si touchant. La justesse des dialogues et en osmose avec le jeu des acteurs. Nathalie Portman est incroyable en Samantha, cette jeune femme pleine de vie qui pourtant a connu et connaît encore son lot de tourments. Zach est au antipode de ce qu’il nous a habitué d’apprécier dans Scrubs, comme quoi les acteurs de comédie sont (bien souvent) très bon dans les drames.
Face au personnage d’Andrew, abruti par les médicaments dont la vie passe devant ses yeux sans qu’il en soit conscient (un peu comme s’il était simple spectateur de sa propre existence - si on peut qualifier cela d’existence), on ne peut que partir en introspection et réfléchir ainsi à notre propre vie et à ce qu’on en a fait (et ce qu’on est en train d’en faire par ailleurs).
Il se réveille suite à la mort de sa mère et à la rencontre de Samantha. Rencontre qu’il apprécie d’autant plus qu’elle arrive au moment même où il sort de sa lethargie, après 9 ans de sommeil eveillé. Et pour continuer dans l’introspection, on peut penser (comme le disait si “bien” Jean Jacques) à nos actes manqués, aux rencontres ratés, et ce qu’on n’a pas vécu pour des raisons de mauvais timing.
Mais ce personnage n’est pas stoïque par hasard, il porte un lourd fardeau qui s’envolle petit à petit, et bien qu’ayant fuit son passé depuis des années, ce dernier le rattrape et lui permet de faire table rase et de reprendre sa vie en main.
Andrew cache sa peine en paraissant relativement désinvolte, Braff maniant l’art du décalage désinvolte avec brio. Ce qui engendre des scènes drôles bien qu’emplies d’amertumes. Mais via ce procédé, on évite le coté patho et/ou complaisant que pourrait proposer une telle histoire.
Le retour dans son New Jersey natal est également l’occasion pour lui de renouer avec ses anciens amis, ce qui n’est pas toujours évident après une si longue absence. On appréciera la multitude de petits détails qui renforce la crédibilité du film et de ses personnages. Et c’est une fois de plus par la dérision que l’émotion se fait.

La musique, choisi avec grand soin colle parfaitement avec le film. Elle met en avant des artistes connus (Coldplay, Remy Zero à qui l’ont doit notamment le générique de Smallville, etc…) et des moins connus (pour le moment) comme Frou Frou ou encore Zero 7. Sans oublier les Shins, d’où démarre la rencontre d’Andrew et Samantha (à l’instar quelques années après des Smiths qui marque celle de Summer et Tom dans 500 days of Summer).
Je vous invite d’ailleurs à découvrir la B.O. dans un article qui lui est consacré sur TrackBuns.
Une fois n’est pas coutume, la version française tire son épingle du jeu en modifiant les dialogues, incluant ainsi des références à Star Wars là où la V.O. n’en propose pas – petit clin d’oeil fait par Nathalie “Amidala” Portman.
- “Je suis un droide, je viens me faire recharger”
- “Le coté clair (de la force)…”
Le début du film me rappelle un peu le protagoniste principal d’American Psycho (interprété par Christian Bale), lorsque Andrew est devant sa glace et donne le ton du film : son reflet n’est pas ce qu’il est réellement au fond de lui, comme s’il était prisonnier de son propre corps, de sa propre existence.

Une autre scène me fait penser à M. Nobody (avec Jared Leto), mais je vous laisse découvrir laquelle.
Bouleversant de vérité, de sentiments, de révélations… Ce film, que j’ai longtemps regardé en boucle (en alternant avec la B.O.) est devenu dès le premier visionnage mon film préféré, car il me fait réaliser beaucoup de choses, et ceci est essentiellement dû au talent de Zach Braff, talent que l’on apprécie également dans un autre de ses film : the Last Kiss.

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La Rafle

Posted on 26 March 2010 by Kichette

Parmi les sorties cinémas de ce mois-ci, il est bon de retenir la sortie de l’excellente réalisation de Roselyne Bosch, La Rafle, en salle depuis le 10 mars. Commençons par noter l’interprétation de Mélanie Laurent, Gad Elmaleh et Jean Reno, sans oublier Hugo Leverdez (Joseph Weismann), Sylvie Testud (Bella Zygler) et bien d’autres…Des comédiens connus certes, mais pas omniprésents et écrasants dans le film.

Petit point sur l’histoire du film en elle-même : celle-ci est abordée du point de vue de Joseph, jeune garçon portant l’étoile, signe distinctif de la population juive depuis 1941 (et imposée par un décret allemand). Ce jeune homme commence donc sa vie d’adolescent pendant la Seconde Guerre Mondiale, sous les moqueries du voisinage, et les regards intempestifs des passants intolérants. Il est accompagné de ses amis et voisins et tente de vivre le plus normalement possible sous l’occupation. Mais tout sera chamboulé par la décision du gouvernement français de l’époque (dirigé par le Maréchal Pétain), qui est de suivre les instructions des forces allemandes emmenées par Hitler (décision prise notamment grâce à la forte collaboration de René Bousquet, secrétaire général à la Police).
Ce que tout le monde connait sous le terme de La Rafle du Vel’ d’Hiv’ (Rafle du Vélodrôme d’Hiver, lieu où les Juifs seront séquestrés avant d’être dispatchés dans différents camps français puis allemands).

Voila ce que raconte le film : la violence de l’arrestation du 16 et 17 juillet 1942, l’incompréhension des familles coupables de vivre comme tout un chacun, l’entassement dans des camps dénués de toute propreté, la séparation des couples et des enfants trop jeunes, l’ignorance de la suite de l’histoire, l’horreur voire la monstruosité de la police française et allemande…La mise en scène retrace les vies de ceux qui ont subi sans avoir provoqué, de ceux qui ont contribué à la Rafle et qui ont orchestré son bon déroulement, de ceux qui ont cru à la bonne foi du gouvernement français, de ceux qui ont tenté de se dérober, de ceux qui ont voulu se rebeller…

La pléiade d’acteurs apporte au film une sincérité parfaite, avec une Mélanie Laurent (jeune infirmière qui suit les déportés) dramatiquement fabuleuse, un Gad Elmaleh (père de Joseph, et ancien combattant) dans un contre-emploi d’un touchant subtile, d’un Jean Reno (médecin juif, réquisitionné) presque impressionnant de tendresse. La touche extrêmement positive du film réside dans le fait que les “têtes d’affiches” ne sont pas mis en avant pour construire le film, bien au contraire. Ils sont mêlés à tous les autres pour rendre la production plus que réaliste. Oui, bien plus que réaliste…N’oublions pas la présence de Raphaëlle Agogué (ayant participé principalement dans des séries), qui est une découverte pour moi, qui se révèle être étonnante dans son jeu d’actrice.

Le scénario prend en compte les aspects émotionnels de toutes les personnes qui ont participé à l’horreur de cette arrestation. On voit ainsi la naïveté des enfants s’amusant comme ils le peuvent, l’espoir des parents qui ne veulent pas croire au pire, l’incompréhension et l’impuissance du peu de personnel médical, la prise de position des policiers (“je ne fais que mon métier”) avec une impuissance dans le regard. Pendant 1h55, vous êtes emportés dans un flot de sentiments qui vous mènent à la honte, à l’effroi, presque au désarroi. Comment est-ce possible ? Pourquoi ? Pas de réponse, juste la vérité et la réalité qui vous éclaboussent sans que vous ne puissiez rien n’y changer, et qui vous tirent les larmes malgré vous.

Le film est plongé dans des référence historiques qui provoquent un bouleversement, un émoi indescriptible mais profond. On parle trop peu souvent du devoir de mémoire, mais La Rafle est à ne pas oublier à ce juste titre.

Que dire de plus ? Allez le voir, et jugez par vous-même de l’intensité d’une partie (malheureusement bien trop longue) de l’Histoire de la Honte.

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La Leçon de Piano (1993) – DVD

Posted on 15 March 2010 by Ze Wookie

A l’époque de sa sortie en salle, j’étais une modeste étudiante sans le sou qui ne pouvait hélas pas aller au cinéma aussi souvent qu’elle le désirait. Mais je n’avais pas pu échapper aux éloges du public et des professionnels du monde cinématographique, ce film ayant raflé un tas de récompenses tant aux Oscars, qu’aux Césars, qu’à Cannes et qu’aux Golden Globes.

Jane Campion était une nouvelle venue dans le cinéma international et son film portait des senteurs de rébellion et de sensualité dont le genre des films historiques était alors dépourvu.

Mais mon entrée dans l’aura de ce film magique s’est fait par une autre porte. En effet, j’ai d’abord succombé au charme de la musique aux accents celtes et néo-zélandais du talentueux Mickaël Nyman (compositeur également de la magnifique musique de « Bienvenue à Gattaca ») et qui a bercé pendant des mois mes soirées studieuses d’avant diplôme.

Ça n’est qu’à l’occasion de sa diffusion sur Canal+ que j’ai cédé à mon envie de voir ce film. J’aimais tant sa musique et je me l’étais tellement appropriée que j’avais peur d’être déçue de la voir orchestrer un film inintéressant à mes yeux.

Et là, ça a été la révélation.

Voici comment débute l’histoire: Ada est une jeune femme issue de l’aristocratie écossaise, maman d’une petite fille et qui pour des raisons inconnues ne prononce plus un mot depuis l’âge de 6 ans, ses seuls centres d’intérêt étant sa fille (semble-t’il illégitime) et son piano, seul moyen pour elle d’illustrer ses émotions. Elle accepte de conclure un mariage avec un riche propriétaire terrien basé en Nouvelle Zélande qu’elle ne connaît que par courriers. Elle entreprend donc un éprouvant voyage en compagnie de sa fille et de son piano pour échouer sur une plage sauvage de sa nouvelle patrie. Son nouvel époux, n’ayant pas prévu de place pour un si encombrant instrument de musique le céde à l’un de ses voisins. Et c’est donc à l’insu de son mari qu’Ada négocie le rachat de son piano: elle donnera des leçons de musique particulières pour le récupérer. Mais les visées de son voisin ne sont pas d’apprendre le piano…

Jane Campion n’est pas une réalisatrice comme les autres. Elle raconte un personnage magique, indéchiffrable qui séduit chaque personne. Holly Hunter endosse le rôle d’Ada avec perfection (elle a d’ailleurs reçu tous les prix d’interprétation pour ce film) et nous fait vibrer par l’expression de son regard et son allure. On pourrait l’apparenter à une sorte de lutin des bois petit et fragile avec son air sérieux et scrutateur et sa manière de bouger si élégante et si aérienne. Lorsqu’elle regarde le monde, on a l’impression qu’elle y voit plus que la réalité.

Son seul lien avec les autres est sa fille qui connait la langue des signes et qui traduit chacun de ses propos. Mais le moyen d’expression favori d’Ada est la musique dans lequel nous sentons tous les mots qu’elle ne parvient pas à prononcer, toutes ces émotions à fleur de peau qui passent pas les touches de son piano.

Les paysages de Nouvelle Zélande, tantôt gris et brumeux, tantôt pluvieux et boueux apportent une dimension sauvage et rude au récit.

Ce qui n’aurait pu être qu’un film d’amour parvient au rang des chefs d’œuvres grâce au scénario et aux personnages fouillés créés par Jane Campion. Chaque rôle est animé de sentiments puissants et contradictoires et les dialogues épurés de la cinéaste poussent les acteurs à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Ne vous y trompez pas, ce film est plein d’émotions retenues et fortes comme la violence, l’amour, la sensualité, le désir, la jalousie et la passion. Un film dont on ne ressort pas indemne.

affiche la leçon de piano

Je vous le conseille vivement.

La Leçon de piano

Date de sortie cinéma le 19 mai 1993

Réalisé par Jane Campion

Avec Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill, Anna Paquin…

Titre original : The Piano

Durée 2h01 min

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