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Inception : film culte ou pour incultes?

Posted on 01 August 2010 by Aurelien

inceptionInception réalisé par Christopher Nolan

Sortie en salle le : 21/07/2010

Genre : Thriller fantastique

Acteurs : Leonardo DiCaprio, Joseph Gordon-Levitt, Cillian Murphy, Ellen Page, Marion Cotillard, Ken Watanabe, Michael Caine, Tom Hardy, Tom Berenger, Dileep Rao.

Le domaine du rêve a été de nombreuses fois abordé au cinéma, et Inception, d’une certaine manière, me fait penser à un film que j’apprécie particulièrement et qui pourtant peut paraître niais au possible aux yeux de certains : Au delà de nos rêves. Dans ce film, la dure réalité de la vie s’embrique avec une vision colorée du paradis au travers des deux personnages principaux dont l’amour inconditionnel perdure au delà de la mort. Ce n’est pas sans rappeler Mall et Dom, personnages interprétés par Marion Cotillard et Leonardo DiCaprio.

Nolan nous livre avec Inception un mixe audacieux entre la réalité et la fiction, le réel et l’immatériel, le concret et l’abstrait, la vie et les rêves, si bien qu’on se demande tout au long du film s’il s’agit de la réalité où d’un songe, quoi qu’en pensent les personnages.

Synopsis AllocinéDom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence.

Je ne peux pas parler de ce film sans livrer certains détails justifiant mon point de vue et mes impressions, donc si vous n’avez pas vu le film, je ne peux que vous inviter à ne pas continuer la lecture de cet article.

Inception

Comme l’indique le synopsis, Dom Corbb doit accomplir une inception, à savoir l’implantation d’une idée sans que la victime (Fisher) s’en rende compte, afin qu’elle l’assimile comme étant de son propre chef. Pour réaliser cette “prouesse”, Dom et son équipe mettent au point un piège des plus complexe : utiliser 3 niveaux de rêves imbriqués. L’imbrication est une sorte de nivellement, lorsque l’on rêve, on est au niveau 1, mais si on rêve dans notre rêve, on passe au niveau 2, ainsi de suite…

Le premier niveau est le kidnapping de Fischer (Cillian Murphy). Le second niveau se passe dans un hôtel où ce dernier apprend qu’il est dans un rêve (prenant ainsi le niveau 1 pour la réalité). Le troisième est, pour Fischer, le rêve de son oncle Browning (Tom Berenger) dans lequel il accepte d’y accéder de son plein gré pour comprendre ce qu’il manigance or il s’agit en fait de son propre rêve, dernière pierre à l’édifice de manipulation bâtit par Dom.

Dans le 1er niveau – le kidnapping – Fischer se voit soumettre une idée, celle que son défunt père voulait qu’il démantèle l’empire familial afin que son fils puisse vivre sa propre vie (ce qui arrange au passage le commanditaire de cette mission : Saito, interprété par Ken Watanabe).
Dans le second niveau, l’hôtel, il pense comprendre que son oncle ne veut pas que l’entreprise dans laquelle il s’est si longtemps investi puisse être démembrée, et enfin dans le 3ème niveau – que je qualifierai de forteresse de glace – il comprend que son père souhaite le libérer de toute contrainte afin qu’il puisse vivre sa propre vie sans chercher l’approbation (à titre postum) d’un père qui a toujours été dur avec lui.

Nolan, au travers de ses différentes couches de rêves nous amène à voyager dans 6 pays et 4 continents, afin de poser un décor sans cesse mouvant, qui rythme les 2h28 du film qui s’écoulent plus vite qu’il n’y parait. La complexité du scénario ne pouvait pas permettre de raccourcir cette durée, mais l’histoire est suffisamment bien menée pour qu’on n’ait pas l’impression de longueur ni d’ennui.

On peut comprendre le film de deux manières, à mon sens : de manière étroite – au premier degré donc – ou en s’attachant au moindre détail, pour tenter de cerner toutes les subtilités d’Inception.

En prenant tout au premier degré, on voit ce film comme un blockbuster à 200 millions de dollars, qui ne présente pas la moindre part de SF comme on nous l’annonce pourtant partout, avec beaucoup d’incohérences scénaristiques et avec un Happy End sorti tout droit du monde des Care Bears.
En s’attardant sur quelques détails, on apprécie davantage le film, et la fin n’est pas aussi téléphonée qu’elle n’y parait.
Ce qui explique les avis très tranchés sur ce film.

Pour expliquer cela, je me vois contrains de continuer les spoilers.

Inception

La notion de temps est très différente entre un rêve et la réalité. Quelques minutes dans cette dernière équivaut à plusieurs heures de rêve. De même, plus on “descend” dans les niveaux de rêve, et plus cet “écart” est important, quasi exponentiellement. Donc quelques minutes dans la réalité = quelques heures en niveau 1 = quelques semaines en niveau 2 = quelques mois en niveau 3.

Dom nous apprend qu’avec sa femme, il a vécu l’équivalent de plusieurs dizaine d’années dans leur rêve, cette dernière ayant fini par ne plus vouloir en partir, il décide de lui implanter une idée (la première inception en fait), celle qu’ils ne sont pas dans la réalité et qu’elle doit mourir pour sortir de ce rêve. Sauf qu’une fois de retour à la vie réelle, l’idée persiste chez Mall, si bien qu’elle finit par se suicider, pensant s’échapper d’un rêve. Etant accusé du meurtre de sa femme, Dom s’échappe des Etats-Unis et accepte cette ultime mission en ayant la garantie que les charges retenues contre lui seront à jamais effacées. C’est d’ailleurs ce qu’on voit à la fin du film lorsqu’il accepte la mort de sa femme et se retrouve dans l’avion.

Une fois réveillé, Saito passe un coup de téléphone et le voici réuni avec ses deux enfants.

Mais je ne suis pas fan des “Happy End“, et je tends à croire que le film est plus subtile que cela. Lorsque l’on a vu Memento du même Nolan, on ne peut qu’en convenir. Et c’est cela que je vais tenter de vous démontrer.

Inception

Lorsqu’un rêveur modifie la réalité, les projections du subconscient de la personne qui l’accompagne le perçoit et convergent vers le rêveur. On le voit lorsque Arianne (Ellen Page) modifie à tout va Paris (lors de son “initiation” par Dom).
Ce simple axiome explique beaucoup ce que certains décrivent comme incohérence.

  • dans le niveau 1 – le kidnapping – la course poursuite oppose l’alchimiste Yusef (Dileep Rao) qui balade dans sa fourgonnette tout les autres endormis (qui sont en niveau 2). Il se fait attaquer par de nombreuses personnes et pourtant, il ne matérialise aucune arme pour se défendre (contrairement à Eames – joué par Tom Hardy – quelques instants plus tôt). Il préfère les éviter tant bien que mal.
  • dans le niveau 3 – la forteresse de glace – Eames ne matérialise pas d’armes plus efficaces pour contrer ses assaillants malgré leur grand nombre (et le fait qu’il l’avait fait en niveau 1).

Complètement illogique, et pourtant pas si évident à comprendre que cela. En effet, il nous est révélé dès le début que si quelqu’un meurt dans un des niveaux des rêves, il sera emprisonné dans les abîmes (chose vérifiée par Saito), ceci étant bien sûr la résultante de l’emploi du sédatif particulier concocter par Yussef. Or en matérialisant à gogo de nouvelles armes, les rêveurs attireraient une plus grande attention sur eux (qui est pourtant bien assez grande). Ce qui donnerait :

  • en niveau 1 : plus de poursuivants à semer pour l’alchimiste
  • en niveau 3 : plus de tirs ciblés autour de Fischer qui ne pourrait pas accomplir sa tâche

Une explication simple et logique pour justifier que Nolan n’ait pas cédé, malgré l’amplitude accordée par son énorme budget, à l’effusion d’effets spéciaux et autres explosions en rafale.

Autre fait marquant, le niveau 3 est censé durer beaucoup plus longtemps qu’il n’y parait, or en niveau 1 le camion fait des tonneaux, ce qui ne doit pas être prévu, et qui a très bien pu raccourcir l’itinéraire initial (ArthurJoseph Gordon-Levitt – lorsqu’il entend la musique dit bien “c’est trop tôt”). Les niveaux 2 et 3 sont raccourcis de facto, j’admets que le rapport temps/niveau n’est peut-être pas totalement respecté pour le niveau 3 (mais il aurait fallu 5h de film dans le cas contraire). Mettons cela sur le fait qu’il s’agisse d’un film de 2h28 et non d’une série de 24 épisodes.

Inception

Passons maintenant à l’histoire des totems. Dom a celui de sa femme pour des raisons sentimentales, je pense. Petit rappel : un totem est un objet répondant à des propriétés différentes dans les rêves que dans la réalité, ce qui permet de ne pas se perdre dans un univers complètement fictif (comme ce fût le cas pour Mall lorsqu’elle décida de se séparer du sien).
A la fin du film, Cobb le fait tourner mais finalement n’attend pas de connaître l’issue, il retrouve ses enfants et décide enfin d’aspirer à une vie plus sereine avec eux. Lorsqu’il est avec sa défunte femme, à la fin du film, il refuse de les regarder, car il sait qu’alors il ne pourrait plus les quitter. Mais qu’est-ce qui nous prouve que la fin n’est pas un rêve? Que son retour dans l’avion et ce qui en découle n’est pas le rêve de Dom ayant succombé aux limbes?

A son réveil dans l’avion tout le monde le regarde, de même qu’à l’aéroport. Certains diront que c’est une manière silencieuse et discrète (Fischer étant présent) de “célébrer” leur réussite. Mais Fischer le toise également dans l’aéroport, ce qui est quelque peut déconcertant. L’autre élément qui m’intriguent également est la présence du beau-père (Michael Cain) à l’aéroport. On l’avait quitté à Paris et le voici aux States. Certes le temps que le plan soit échafaudé, il a pu rentrer, mais il vivait à Paris, il y était professeur, donc on peut s’étonner de le voir de retour au pays pour compléter parfaitement ce tableau idyllique d’Happy End pour Dom. L’absence de la belle-mère (qu’on ne verra en fin de compte jamais) est surprenante aussi. En début de film elle était très hostile à l’égard de son gendre (cf le coup de téléphone à ses enfants), et cette fin place ce dernier dans sa maison, avec ses enfants chéris et son beau-père compréhensif. Elle aurait fait tâche dans le tableau, pourtant, elle s’occupait des enfants. Trop beau pour être vrai!
De plus, si on se met à la place de Dom et qu’on ait à préparer un tel stratagème pour faire l’inception, où le prépareriez-vous? Dans la réalité ou dans un rêve (où le temps “s’écoulerait” beaucoup plus “lentement”)? Ce qui rendrait la présence du beau-père à l’aéroport encore plus suspecte.

Un dernier point qui vient corroborer mon interprétation du film : lorsque Cobb teste l’anesthésiant de l’alchimiste, il teste son totem à son réveil, mais le fait tomber à l’arrivée de Saito. Et si, à partir de cet instant, il se trouvait dans un rêve (en l’occurrence le sien)? Yussef n’avait pas dit que quelques heures de sommeil sous sa supervision équivalaient à une quarantaine d’heures?

En résumé : Inception est un film prenant, original, très bien mené, et dont le casting sert parfaitement bien l’intrigue. Mention spécial à la scène de baston en apesanteur, et à la double intrigue (la mise en exécution du plan pour réaliser l’inception, et les éléments sur Dom révélés au fur et à mesure et qui permettent de mieux comprendre ce qui lui arrive dès le début, à savoir l’apparition de sa défunte femme dans ses rêves). Petit bémol sur ce qui ne peut être qu’un clin d’oeil entre la présence de Marion Cotillard et la musique de Piaf usée à la corde dans ce film… Trop c’est Trop! L’opposition réalité/rêve (virtuel) me fait penser à Existenz, film également à voir si ce n’est déjà fait! Bien que mes arguments peuvent très certainement être démontés, j’aime à penser en cette interprétation du film, sans être un Lynch, Nolan a, avec Inception, placé la barre plus haut que ce qu’il avait fait jusqu’à présent.

Et pour vous, film culte ou film pour incultes?


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Green Zone : un thriller politique explosif!

Posted on 29 April 2010 by Kichette

Le conflit en Irak a souvent été utilisé comme thème cinématographique (American SoldiersRedacted, ou Dans la vallée d’Elah ; mais aussi l’évocation faite par Michael Moore dans Fahrenheit 9/11).

Dans Green Zone, sorti en salle le 14 avril, le réalisateur Paul Greengrass met en scène Matt Damon, dans le rôle de Roy Miller, envoyé avec son unité à la recherche d’Armes de Destruction Massive (ADM) sur le territoire irakien. Baladés de site en site sans résultat aucun, ils pensent être face à une terrible machination. Miller décide alors de découvrir la raison de leur présence en Irak et se retrouve confronté à une étrange vérité…

Le casting de cette production n’est pas énorme, hormis la présence toujours aussi perçante de Matt Damon qui emmène le film dans toute sa longueur. Le rôle de soldat lui va plutôt bien, même si on le préfère dans des interprétations plus dramatiques, comme Will Hunting ou la trilogie Jason Bourne (les deux derniers étant été réalisés par le Paul Greengrass). On y retrouve aussi Amy Adams (L’Echange) jouant la journaliste naïvement trahie.

L’histoire en elle-même traite d’un sujet encore sensible aujourd’hui (7 ans après le début de la guerre officielle en Irak) et qui dérange, du moins politiquement parlant. Les ADM étant censées être le point de départ du deuxième assaut en Irak, après la chute de Saddam Hussein, on imagine la difficulté de rester neutre pendant la réalisation. Ce que ne fait pas Greengrass, connu pour son goût pour la docu-fiction. Il s’engage ici à raconter, pour lui, le véritable plan machiavélique instauré par le gouvernement Bush de l’époque. Il propose au public une piqûre de rappel. Le film est très bien ficelé, malgré quelques explosions un peu trop répétitives. On nous montre un Bagdad saccagé par les bombes et une population méfiance face à l’armée américaine.

Personnellement, je reproche quelques points au film. Tout d’abord, son titre, Green Zone. Ok, il fait état d’institutions politiques se situant dans cette zone, mais hormis les quelques scènes mondaines près de la piscine, il n’y a pas de vraies comparatifs avec la zone verte mise en place dans la ville, comme “camp retranché” pour les militaires et personnalités lorsque les affrontements se sont avérés continuellement violents.

Et puis, le film ne va, pour moi, pas au bout des choses. Il n’est sûrement pas évident de mettre en scène une telle supercherie en évitant de dénigrer le peuple américain, mais en montrant du doigt les hauts dirigeants US. Le film reste très évasif, et l’intrigue se fait finalement très rapide (avec pourtant 1h55 d’images !).

Le scénario est bon, l’acteur principal a su se sortir de son précédent “grand rôle”, mais il manque ce petit quelque chose qui vous fait avoir des frissons face à de telles révélations.

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Blanc comme neige

Posted on 11 April 2010 by Kichette

François Cluzet est l’un des acteurs en vogue lorsqu’il s’agit de mettre en scène un thriller français. Je tiens donc à vous faire part de l’impression que peut donner le dernier en date, Blanc comme neige, sorti en salle le 17 mars, réalisé par Christophe Blanc. Le casting n’est pas impressionnant au côté de Cluzet. On remarque la “nouvelle génération” avec Louise Bourgoin – que l’on peut connaitre comme l’ex miss météo du “Grand Journal” diffusé sur Canal + – ainsi que la présence de Jonathan Zaccai, interprétant un des frères du “héros”, que l’on reconnaît à peine avec ses cheveux ébouriffés.

Ce que raconte le scénario : un homme mûr, Maxime, joué par François Cluzet, a tout pour avoir la belle vie : réussite professionnelle dans la vente de voitures de luxe, femme, enfant, villa… Une étrange situation vient tout compliquer après le décès de son ami et associé, Simon (joué par Bouli Lanners). Maxime se retrouve alors embarqué dans une course poursuite contre le temps, l’argent et les armes, accompagné de ses deux frères à qui il a demandé de l’aide.

Blanc comme neige se révèle être un bon film à la française. Les bases du thriller sont là : suspense, sang, peur… L’enchaînement de problèmes donne au film un bon rythme malgré une mise en place plutôt longue à mon goût.

François Cluzet, après les succès de ses dernières années (Ne le dis à personne, A l’origine…), porte bien son rôle et permet au film de se tenir dans la peur et l’attente du dénouement.
Louise Bourgoin est là, oui, mais pas assez. Jouant la femme “trahie” par le non-dit de son mari, elle aurait pu s’installer beaucoup plus dans le film que comme une pseudo actrice à l’allure américaine (grande robe et décolleté plongeant). Là encore, la faute au scénario ?

Bien que les 95 minutes se laisse regarder sans penser à sortir de la salle, il manque encore de la profondeur et de la recherche dans le scénario pour faire face aux films à l’affiche au même moment, comme Shutter Island de Scorsese

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Shutter Island : Le thriller du moment!

Posted on 20 March 2010 by Aurelien

Tiré d’un roman de Dennis Lehane (a qui l’on doit Gone Baby Gone (où vous pouvez déjà voir Mark Ruffalo) et Mystic River adaptés également au cinéma), ce film nous plonge au coeur d’un thriller psychologique, dans les années 50. Mais je préfère reprendre les mots de Leonardo Di Caprio pour vous présenter le synopsis du film : Teddy Daniels (joué par Leo) débarque sur Shutter Island pour résoudre un mystère et découvrir ce qui se passe réellement, mais il a ses propres secrets et un objectif personnel. Son voyage a un sens autre que ce que l’on croit au départ. Ce qui est formidable avec cette histoire, c’est qu’elle vous happe et vous secoue constamment. Elle fonctionne à plusieurs niveaux.”

Dès le début du film, la musique nous immerge dans une atmosphère pesante, presque étouffante, la musique donne déjà le ton! Et cette sensation perdure tout au long des 137 minutes du film.

Scorsese n’a plus rien à prouver (après des films comme Taxi Driver, New-York New-York, Raging Bull, La couleur de l’argent, Casino, Gang of New-York, les Infiltrés… c’est le moins que l’on puisse dire!!), mais ne se repose pas pour autant sur ses lauriers! Pour s’inspirer au mieux de l’époque et de l’atmosphère qu’il a voulu faire transparaitre dans son film, il a fait visionner à son équipe des films comme : Shock Corridor, Laura, la Griffe du Passé ou encore La maison dans l’ombre.

Il n’y a pas réellement de surprise dans ce thriller (bien qu’un coté fantastique soit tout de même présent), mais on sent qu’il maitrise son sujet. En effet, c’est un peu comme si on se retrouvait dans un labyrinthe de portes fermées à clés, et qu’avec parcimonie on découvre des clés, sans savoir quelles portes elles ouvrent ni dans quel ordre il faut les ouvrir. On comprend certaines choses, petit à petit sans pour autant réussir à avoir une vision globale de ce qui se trame dans cet institut psychiatrique. Le film a d’ailleurs été tourné dans un véritable (et désaffecté) hopital psychiatrique.

On peut également souligner le sens du détail qui m’a fait pensé à Lost (la série de J.J. Abrams). L’action se passe sur quatre jours, et pourtant il a fallu 44 versions de tenue pour Leonardo (vivant ces quatre journées de manière “intense”, il lui arrive plein de choses et donc une multitude de “versions” de sa tenue ont été nécessaire)!!! Petite apparté, le rapport avec Lost, est simple, l’évolution des blessures et de la pilosité des personnages a été prise en compte. Parenthèse mise à part, revenons en au film!

J’ai trouvé que Leonardo gagne en profondeur et maturité, c’était déjà le cas dans les Infiltrés, mais c’est plus flagrant dans Shutter Island je trouve. Bien que bâti pour les films d’actions (ce qu’on peut d’ailleurs constater dans certaines scènes), il n’en est pas moins surprenant dans son jeu d’acteur et sa manière d’interpréter Teddy Daniels. Mark Ruffalo (Blindness, Zodiac, In the Cut…) est également bluffant (mais un peu moins que Léo). Pour un acteur que j’ai découvert dans Eternal Sunshine and the Spotless Mind, j’avoue qu’avec le temps, il n’en devient pas moins bon.

Ce qu’on remarque également tout au long du film, c’est la complicité entre Scorsese et Di Caprio, ce qui est loin d’être étonnant lorsque l’on sait que Shutter Island marque leur quatrième collaboration (après Aviator et les génialissimes Gangs of New-York et les Infiltrés).

Pour finir, mentions spéciales à deux autres acteurs : Ben Kingsley en parfait psychiatre, et Michelle Williams dans un rôle un peu borderline mais qui lui va comme un gant.

Cet article ne vous en dit peut-être pas beaucoup sur l’histoire en elle même, mais c’est voulu,  il est en effet peut évident de parler d’un thriller sans faire de spoilers.

Pour illustrer mes propos de début d’article, voici une des musiques extraite de la B.O. du film.

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La Chambre des Morts (2007)

Posted on 27 February 2010 by Kichette

Bien qu’influencée par mon appréciation plus que positive de l’actrice principale, Mélanie Laurent, j’aimerais m’étendre quelque peu sur un film sorti en 2007, La chambre des morts, adaptation du roman éponyme de Franck Thilliez (parution 2005 aux éditions Le passage), réalisé par Alfred Lot qui signe sa première œuvre cinématographique. Commençons par le synopsis. L’intrigue de ce “thriller” est posée dès les premières minutes, et se révèle être double. En effet, deux salariés (Gilles Lellouche et Jonathan Zaccaï) décident de se venger de leur entreprise après un licenciement. Déguerpissant du lieu de leur vandalisme, ils renversent “par accident” un homme au milieu de nulle part et se retrouvent confrontés à un dilemme lié à l’argent. Parallèlement, on apprend que, le lendemain, une fillette est décédée après son kidnapping, son père étant parti livrer la rançon au ravisseur ne donnant, lui non plus, aucun signe de vie. C’est alors que le polar commence. Lucie Hennebelle interprétée par Mélanie Laurent, accompagnée de Moreno (Eric Caravaca, que vous avez pu admirer dans Cliente) sont chargés de l’investigation, où les deux affaires se rejoignent… Au fil du long métrage, des flashbacks tentent de nous en apprendre plus sur le lien qui pourrait exister entre le brigadier Hennebelle et les éléments de l’enquête.
Le mystère est alors installé…quoique !
Le casting:
Quoi que l’on puisse dire du film en lui-même, on ne pourra enlever le bon goût de A. Lot dans le choix de ses acteurs.
Comme je le disais au début, Mélanie Laurent est une sublime actrice, pas seulement pour son physique avantageux. Du haut de ses 24 ans (à la sortie du film), elle transcende une nouvelle fois l’écran, bien qu’après Je vais bien, ne t’en fais pas, on se demande si elle avait encore à prouver quoi que ce soit à la critique. Les différentes facettes du personnage, esprit rêveur mais aussi sombre, suspicieux et maternel la rendent difficilement cernable durant le film. Elle maintient le scénario dans sa cohérence jusqu’à la fin de celui-ci. Eric Caravaca l’accompagne parfaitement dans le rôle du flic amoureux qui tente de lui faire confiance.
Je pourrais également relever l’excellent jeu de Gilles Lellouche (qui s’est, pour moi, révélé dans Paris de Klapisch). Il tient ici un rôle dramatique, rongé par le sentiment de culpabilité. Il est convaincant, et permet à l’histoire de prendre de l’ampleur.
Notons le petit clin d’œil du réalisateur en introduisant Franck Thilliez, déguisé en homme des pompes funèbres, ainsi que la participation de Jean-François Stevenin dans le rôle d’un taxidermiste.
Le film en lui-même :
Que dire ? Le thriller n’est pas ce que l’on peut appeler une spécialité française.
On peut alors dire que la réalisation n’est pas mal du tout. Le côté obscur, la peur de ce que l’on va trouver derrière la porte, le mystère de l’armoire fermée, font filer l’intrigue jusqu’au bout des 112 minutes. Le suspense permet de plonger dans l’histoire sans lui trouver de longueurs insoutenables. Le film s’en sort relativement bien grâce à la prestation des acteurs, où les relations interpersonnelles ne tombent pas dans des niaiseries amoureuses qui auraient pu troubler le genre.
Malgré cela, on pourrait reprocher des scènes, mettant en image des animaux, un peu trop gores à mon sens, et une fin bien trop rapide et bâclée. Mais aussi un cafouillage dans le lien qui unit Lucie au dénouement final (un fait exprès peut-être ?).

En conclusion, un film à voir, principalement pour la présence de Mélanie Laurent et Gilles Lellouche. Je reste sur ma fin, en me demandant, pourquoi La chambre des morts a été présentée,  par une certaine presse, comme “Le silence des agneaux à la française” et est alors classée dans le genre “horreur”…

Liens :
Le site du film

La critique presse

Si vous voulez acheter le film, il est disponible à un prix raisonnable sur le site de la Fnac.

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Sherlock made in Ritchie

Posted on 11 February 2010 by Ze Wookie

Sherlock Holmes. Jusqu’à aujourd’hui, deux visions me venaient à l’esprit: un grand maigre étourdi avec une faculté de déduction prodigieuse et un petit gros sympathique qui arrondit les angles après le passage de son ami.

Je n’ai jamais lu les romans de Sir Conan Doyle mais les vieux films en noir et blanc, la série britannique avec l’excellent Jeremy Brett et le coloré dessin animé de Miyazaki ont contribué au fait que ce talentueux détective faisait partie de mon patrimoine culturel.

Aussi, lorsque j’ai ouï dire que le chien fou et charismatique Robert Downey Junior allait camper sur les grands écrans un des personnages les plus intelligents de la littérature anglaise sous la réalisation d’un Guy Ritchie, ma curiosité a été sacrément piquée. Quand j’ai ensuite appris que Jude Law allait endosser le rôle du brave et gentil Docteur Watson, j’ai été très dubitative.

Ce film était donc une de mes grandes attentes mais également une de mes grandes peurs de l’année 2010.

Je me suis préparée psychologiquement à être déçue, une grande affiche ne servant pas toujours la qualité d’un long métrage. Les extraits et les critiques de cinéma vues avant la projection me laissaient également un peu sceptique sur la réussite d’un tel projet.

Au bout de 5 minutes de film, j’ai oublié mes appréhensions et j’ai été conquise, c’est le mot, par le couple Robert Holmes/Jude Watson qui a littéralement crevé l’écran.

Complètement coupé du monde, tout à ses interrogations scientifiques et à la mise en place de ses expérimentations, Holmes/Downey Junior est un homme excentrique, désagréable avec autrui et totalement coupé de la réalité. Quant à Watson/Law, il est solide, intelligent, posé, humain, et consciencieux. Et pour la première fois à l’écran, le personnage de Watson a une importance capitale dans le déroulement de l’enquête, il n’est pas que le faire-valoir rondelet du célèbre détective. Il est le lien qui relie le célèbre détective au monde réel, celui qui le fait avancer et également celui qui l’empêche de sombrer. Et Holmes, dans sa grande sagacité, le sait et fait tout pour le retenir dans son monde.

Donc un duo d’acteurs réussi qui fait des étincelles et porte entièrement le film sur ses épaules et me fait pour la première fois apprécier un acteur qui se nomme Jude Law.

Guy Ritchie signe là un divertissement pour toute la famille dans lequel enquête policière, histoires d’amour, scènes de bagarres loufoques et originales, pratique de la magie noire, science et humour british se mélangent allègrement pour notre plus grand plaisir.

Des décors magnifiques, des effets spéciaux à couper le souffle permettent de recréer une ville de Londres plus vraie que nature à l’aube du XXème siècle.

Et voilà encore une franchise sortie de la naphtaline et remise au goût du jour avec réussite avec des héros rajeunis, modernisés et une histoire ma foi palpitante.

Les personnages secondaires sont réussis, notamment les rôles féminins, modernes à souhait également dans leur insolence, leur prise de décisions et dans le mouvement de leurs jupes, lol (je suis une femme, il faut le reconnaître, ça a son importance).

Le grand méchant est lui aussi charismatique avec un jeu sobre et élégant.

Au final, un très bon moment de cinéma. Allez y !!! et bonne séance.


Sherlock Holmes

En salle depuis le 3 février 2010

Avec Robert Downey Junior (Sherlock Holmes), Jude Law (Docteur Watson),
Rachel McAdams (Irene Adler), Marc Strong (Lord Blackwood), Kelly Reilly (Mary)…

Réalisé par Guy Ritchie

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