Pour la petite histoire, Shyamalan est né en Inde en 1970 mais il a grandi aux Etats Unis, plus précisément à Philadelphie. Grand fan de Spielberg, il s’est essayé très tôt aux cours métrages (vous trouverez certains d’entre eux dans les bonus de ses DVD) et a réalisé deux longs métrages avant de rencontrer le succès international avec 6ème sens, deux films totalement inconnus du grand public et que je n’ai pas visionnés: Praying with anger (1992) et Wide Awake (1998). Sachez également que ce réalisateur est le scénariste de ”Stuart Little“, si si – sources : Allociné.

C’est étrange. Je connais pratiquement les 6 derniers films de Shyamalan par cœur et pourtant, aucun d’eux ne m’a vraiment plu dès la première vision, excepté 6ème sens qui est aujourd’hui celui que j’aime le moins.
La renommée populaire de ce réalisateur tient au fait qu’il nous assènerait juste à la fin du film une révélation coup de point changeant complètement la réalité de l’histoire. Soit. C’est phénoménal voire primordial dans 6ème sens, intéressant dans Incassable, inexistant dans Signes/La jeune fille de l’eau/Phénomènes et totalement bâclé dans Le Village. Donc non, là n’est pas la qualité essentielle de M. Night Shyamalan. Cela expliquerait en partie pourquoi beaucoup de personnes ont d’ailleurs été déçues par ses films.
Pourquoi ai-je du mal à apprécier l’œuvre de ce réalisateur au premier visionnage ? Tout simplement car il mélange plusieurs types de trames et cela me donne l’impression d’être submergée par les informations. En fait, je n’arrive tout simplement pas à faire le tour du sujet en une seule fois.
Il y a la trame générale, essentiellement fantastique ou surnaturelle qui donne le thème du film.
Mais au bout d’une deuxième vision, on se rend compte que cette trame générale n’est qu’un prétexte, un décor qui sert d’écrin à un propos plus intimiste et plus humain. En croyant aller voir un film pop-corn sans trop de substance, je ressorts de la séance de cinéma des questions plein la tête avec l’envie d’y retourner pour y trouver les réponses.
Ce qui me séduit également chez ce réalisateur est sa façon de tourner, de faire évoluer les acteurs. Techniquement parlant, il me rappelle Hitchcock (ah je sens que cette comparaison vous fait hérisser les poils du dos, je vous entends crier de là !!! Comparer ce réalisateur au Maître du suspens, quelle hérésie !!!). Par exemple, là où un réalisateur classique braquerait la caméra sur le personnage central en train de s’adresser à une foule, Shyamalan va le filmer de dos et nous montrer les visages de ceux qui l’écoutent. Il prend le contre pied de la réalisation classique et y apporte une touche d’originalité qui me permet de découvrir des petits détails qui m’avaient échappés vision après vision.
De plus, il a le don pour surprendre visuellement et amener l’action sans explosions à tout va et sans renfort d’effets spéciaux ahurissants. Ici, le réalisateur fait tout en douceur, sans dialogues superflus, ses personnages étant souvent complètement perdus et subissant sans trop pouvoir y faire grand chose les aléas des scenarii. Vous n’y verrez pas un Bruce Willis plein de verve et de testostérone tirant sur tout ce qui bouge en lâchant des blagues toutes les 5 minutes. Vous le verrez douter, être faible et faire de son mieux avec un minimum d’action et de mots. Shyamalan se contente en fait de mettre en scène Monsieur et Madame ”Tout le Monde” dans un contexte surnaturel.
Et enfin, ce qui me permet également de savourer ces films à chaque vision, c’est le talent de James Newton Howard à illustrer ces histoires par le biais d’une musique poignante et/ou flippante. Celles que j’écoute très régulièrement sont celles d’Incassable (elle me prend aux tripes), celle de Signes (ma préférée est celle de la scène de fin avec la batte de base ball), celle du Village (des violons magistraux) et surtout celle de Phénomènes (angoissante et torturée, sublimissime).
Vous trouverez ci-dessous la liste des films sortis au cinéma en France de ce réalisateur très souvent mésestimé avec mon regard sur chacune de ces œuvres.
6ème sens – sorti au cinéma en janvier 2000
Acteurs : Bruce Willis – Haley Joel Osment – Toni Colette
Synopsis : Un psychiatre, traumatisé par une violente agression perpétrée par l’un de ses anciens patients se voit confié le cas d’un jeune garçon terrorisé par des hallucinations morbides.
Thème surnaturel : les fantômes.
A mon sens, en fait, il s’agit d’un film parlant du deuil, de la façon dont nous disons adieu aux êtres chers et dont nous pourrions vivre notre propre mort.
De plus, le grand challenge de ce film est la double lecture qui s’offre à nous lorsque l’on ignore ou pas la fin.
Incassable – sorti au cinéma en décembre 2000
Acteurs : Bruce Willis – Samuel L Jackson – Robin Wright Penn
Synopsis : Seul rescapé d’un tragique accident de train meurtrier, un homme à la vie personnelle à la dérive et au bord de la dépression essaye de comprendre pourquoi il n’a subi aucune blessure. Sa quête le mène à croiser la route d’un homme étrange qui détient peut être la clé pour donner un nouveau sens à sa vie.
Thème surnaturel : les super-héros.
Ce long métrage traite de notre quête intime à trouver la place que nous pourrions tenir dans la société, du sens que nous donnons à notre existence et de notre capacité à être heureux en fonction de ce que nous faisons de notre vie.
Signes – sortie cinéma en octobre 2002
Acteurs : Mel Gibson – Joaquin Phoenix
Synopsis : Dans plusieurs pays du monde, des signes étranges apparaissent dans les champs cultivés. Ces dessins sont ils l’œuvre d’une gigantesque arnaque ou bien la théorie des petits hommes verts est-elle réelle ? C’est ce qu’essaie de découvrir tant bien que mal et à son échelle Graham, lui aussi victime de ces fameux signes dans son champs de maïs aux Etats Unis.
Thème surnaturel : les petits bonshommes verts.
En ce qui concerne Signes, les avis sont très partagés. Beaucoup y ont vu une apologie du catholicisme. Je l’avoue, en grande athée devant l’Éternel, je ne l’ai pas trop ressentie. Effectivement, le héros traverse une crise mettant en doute sa foi religieuse… bon, il aurait pu être musulman, hindouiste, protestant… cela n’aurait rien changé à l’histoire. Je vois là plutôt un homme qui a perdu une part de son identité avec le décès de sa conjointe et qui a perdu la foi en l’avenir. Là encore, il s’agit d’un homme qui a perdu ses repères suite à un deuil. Je pense que le scénario est plus accès dans ce sens que vers un prêchiprêcha catholique. Enfin donc, cela n’engage que moi.
C’est un des films que j’ai le plus vus de ce réalisateur, la mise en scène et les petites pointes d’humour y étant particulièrement soignées.
Le Village – sortie cinéma en août 2004
Acteurs : Bryce Dallas Howard – Joackim Phoenix – William Heart – Sigourney Weaver – Adrian Brody
Synopsis : Les habitants d’un paisible village ont conclu une trêve avec ceux de la forêt : ils ne doivent pas pénétrer les bois et les créatures ne leur feront pas de mal.
Thème surnaturel : les monstres assoiffés de sang vivant cachés dans nos placards (ici dans les bois alentour).
Le Village est pour moi un film relatant une magnifique histoire d’amour entre un homme taciturne et une jeune aveugle téméraire qui fera tout, voire risquer sa vie, pour sauver l’homme de sa vie.
La « révélation finale » est maladroitement amenée par Shyamalan et ne revêt pas une grande importance (je l’avais d’ailleurs à moitié devinée au milieu du film).
La jeune fille de l’eau – sortie cinéma en août 2006
Acteurs : Bryce Dallas Howard – Paul Giamatti
Synopsis : un gardien d’immeuble découvre une jeune fille étrange qui avait élu domicile dans la piscine de la résidence. Cette dernière lui déclare être poursuivie par des monstres dont le seul but est de la tuer.
Thème surnaturel : les contes de fées, les contes pour enfants.
La jeune fille de l’eau est une fable mettant en valeur les bienfaits de la collectivité, prouvant que l’on est plus fort à plusieurs que tout seul. Ce film traite également du thème du deuil. Il semble aussi parler de destinée, comme si nous avions tous plus ou moins un rôle à jouer. Ce film me touche moins que les autres car le discours du réalisateur va à l’encontre de mon cynisme sur la raison de notre présence sur terre.
Phénomènes – sortie cinéma en juin 2008
Acteurs : Mark Wahlberg – Zooey Dechanel – John Leguizamo
Synopsis : Une vague de suicides inexpliqués et incontrôlables submerge en quelques minutes un quartier entier d’une grande cité américaine. Quelques heures après, une autre ville proche est touchée par cette attaque. Commence alors un exode massif et urgent des populations des grandes villes du nord ouest des USA.
Thème surnaturel : les catastrophes naturelles à grande échelle, la fin du monde.
A mon sens, ce film met plus en avant le couple et ses petits tracas que le côté « film catastrophe ». Il a également un propos écologique que je trouve amené un peu maladroitement. Il reste cependant celui que je vois le plus avec le Village, Incassable et Signes.
J’adore, mais j’adore littéralement le générique de début que ce soit tant au niveau du visuel, du ressenti (le ciel qui se couvre petit à petit de nuages amenant les ténèbres) qu’au niveau de la musique qui est super angoissante.
Le dernier Maître de l’Air (the last Airbender) – sortie cinéma le 21 juillet 2010
Acteurs : Noah Ringer, Jackson Rathbone, Nicola Peltz
Synopsis: un jeune garçon doit empêcher la nation du Feu de détruire les nations de l’Eau, de la Terre et de l’Air afin de rétablir l’équilibre entre ces pays et les 4 éléments.
Shyamalan s’attaque au film d’aventures saturé d’effets spéciaux en adaptant un dessin animé qui je l’avoue m’est totalement inconnu. Un genre qu’il n’a pas encore survolé, je croise donc les doigts pour que ce soit réussi mais surtout pour qu’il conserve cette petite touche d’originalité et d’humanité dans sa réalisation. Pourvu qu’il garde sa signature ! J’espère également que la musique sera toujours aussi intense.
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June 9th, 2010 at 3:46 pm
Déjà, je voulais dire bravo pour cet article très agréable à lire. ^^
Ensuite, je voulais parler des films de Shyamalan (oui j’ai réussi à l’écrire du premier coup sans me tromper ! lol !). J’aime beaucoup ses films, même si je ne les regarde pas trop souvent.
Mes favoris sont “Signes” (qui doit être celui que j’ai le plus vu et où pourtant je découvre toujours des trucs que je n’avais pas vus avant) et “La jeune fille de l’eau”. J’attends avec impatience “Le Dernier maître de l’air” pour voir comment ce réalisateur, qui préfère d’habitude suggérer plutôt que montrer, a utilisé les effets spéciaux.
Et tu as raison, ma chère Wookie, la musique est absolument sublime et participe grandement à la réussite de chaque film. ^^
June 9th, 2010 at 4:01 pm
Et purée, cette zique, qu’elle est dure à trouver en CD…
June 16th, 2010 at 10:31 pm
J’ai tout vu, sauf la jeune fille et l’eau, et curieusement, je n’avais pas associé la même personne derrière la caméra. Après réflexion, il est vrai que c’est tout à fait logique et tu décris très bien le pourquoi du comment. Ca m’a donné envie d’en revoir certain pour découvrir les petits détails.
Mon préféré : phénomène, mais c’est parce que je suis en mode Zoey Deschanel depuis qq mois ^^.
En tout cas bravo pour cet article, je n’avais pas pris le temps de te le dire
June 17th, 2010 at 5:42 am
J’aime beaucoup Zooey Deschanel également mais dans Phénomènes, elle a une frange qui est beurk beurk beurk… lol, j’suis une fille !
Pour la Jeune Fille de l’Eau, je te conseille quand même de le voir, il est assez sympa également.
Et merci pour le compliment, ça fait plaisir (je rougis).
A +
August 6th, 2010 at 9:59 pm
Ca y’est. Je l’ai vu. Bon, ben comme j’en avais peur, pas de signature Shyamalan sur ce film. Il aurait pu être réalisé par n’importe qui. Un film sans vraiment de personnalité mais pas raté comme beaucoup l’affirment. Je dirais un film sans prétention avec une 3D totalement bâclée et inutile. Une histoire simple et manichéenne, des effets spéciaux omniprésents et réussis (derrière le rendu grisâtre de la 3D complètement loupée) qui font un film à voir en famille et à classer au milieu des Narnias et Boussole d’Or.
Rien de fabuleux mais un moment sympa.