Chihiro est une petite fille japonaise comme les autres qui est déracinée de sa ville natale suite à la mutation professionnelle de son père. Pendant le voyage qui l’emmène elle et sa famille dans sa nouvelle demeure, ses parents font halte dans une gare abandonnée qui donne sur un parc d’attraction désaffecté. Alors que ces derniers sont transformés par magie en porcs sous ses yeux, la jeune Chihiro se retrouve livrée à elle même dans un monde magique et effrayant dans lequel elle est obligée de trouver sa place. Ainsi, elle va pouvoir chercher la solution lui permettant de délivrer ses parents de leur malédiction avant qu’ils ne soient transformés en jambon.
Sous le couvert d’un conte peuplé de fantômes, de magiciens et de sorcières, Miyazaki nous livre ici le parcours initiatique d’une enfant qui grandit et qui doit trouver sa voie, ses nouveaux repères dans une vie en pleine mutation. Il s’agit clairement d’une métaphore du passage de l’enfance à l’adolescence. D’un état de petite fille peureuse, pleurnicharde et un peu capricieuse, elle se voit obligée de mûrir et de prendre des responsabilités, de faire face aux réalités concrètes de la vie réelle. En cela, elle est épaulée par un jeune magicien qui semble jouer un double jeu.
Voilà pour le côté sérieux du concept.
Car je dois le dire, lorsque j’ai vu pour la première fois ce long métrage, j’ai été transportée par la magie et la beauté parfois un peu rude des aventures de cette petite fille larguée dans un monde inconnu. Miyazaki est le roi pour peindre des mondes oniriques dans lesquels des scènes de la vie quotidienne créées avec justesse, tendresse et humour côtoient des moments forts d’aventures. Il décrit également toute une galerie de personnages secondaires hauts en couleur qui ont chacun une personnalité fouillée et originale. Tout cela illustré avec des couleurs chatoyantes et vives et la musique symphonique, magique et mutine du grand Joe Hisaishi.
Lorsque je regarde ce film, je retrouve mon âme d’enfant et un peu de cette candeur qui disparaît peu à peu lorsque l’on grandit.
Voici le genre de cinéma qui nous fait retrouver des émotions pures et tendres sans toutefois tomber dans la guimauve et le gnan-gnan. Une vraie bouffée d’oxygène.
Du même réalisateur, mes films préférés sont « Le Château Ambulant », hymne à la famille recomposée, « mon voisin Totoro » qui parle de l’enfance et « Ponyo sur la falaise », sa dernière œuvre, superbe histoire d’amour entre deux enfants.
Le Voyage de Chihiro
Date de sortie cinéma: 10/04/2002
Réalisé par Hayao Miyazaki
Titre original : « Sen to Chihiro no Kamikakushi »
Durée 2h02 min
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March 20th, 2010 at 11:12 am
Chihiro est en effet un petit bijou…
Mais comme un Vanguard n’arrive jamais sans polémique, je serais tenté d’ajouter que mes Miyazaki préférés à moi sont ses premiers, à savoir Nausicaa et Laputa… Avec un véritable univers post-apo / steampunk dedans, alors que ses dernières créations mettent davantage l’accent sur la magie des images et des thèmes plus sociaux (la “famille recomposée” du Château Ambulant que tu cites, par exemple…)
Bref, Miyazaki vieillit, et les thèmes qu’il aborde changent… Et sont moins ma tasse de thé.
March 20th, 2010 at 11:57 am
Hello ^^.
.
J’ai vu les deux longs métrages que tu cites mais je les ai vus sur le tard (je n’ai découvert les longs de Miyasaki qu’à l’aube de mes 30 ans)et après avoir vu Chihiro, le Château Ambulant, Totoro et Mononoké (qui est très bien également, notamment la musique, whaaaa!). J’avais donc une “maturité”, des préoccupations ainsi qu’une sensibilité qui ne me permettaient plus trop d’apprécier pleinement leur propos. Et puis, je suis une gonzesse, alors, forcément, ça peut changer la donne
Merci d’être passé et à +